Chapitre 03 : Le CENTRE
1.
29 mai 2018 - 15h26 – à l’appartement de Cody.
Cody, très fatigué par sa longue soirée du 28 mai, dormait paisiblement sur le canapé installé dans le séjour.
Jusqu’au moment où il se mit à bouger dans tous les sens, donnant l’impression de faire un cauchemar, on l’entendait gémir, puis finit par se mettre à parler “Hyuna… Hyuna… non… c’est quoi ce monstre…”.
Quand soudain, son smartphone se mit à vibrer une dizaine de secondes avant de retentir, une sonnerie au format midi se fit entendre, c’était une mélodie comme celle qu’il y avait dans les jeux vidéo rétro qu’on retrouvait sur AMIGA 500.
Cette sonnerie fit sursauter Cody, qui attrapa son téléphone pour l’éteindre, putain de réveil à la con, pensa Cody, mais en regardant de plus près l’écran de son smartphone, il se rendit vite compte que ce n’était pas un réveil, mais Hannah qui l’appelait, je lui réponds ou pas ? Devrais-je lui parler des évènements qui se sont déroulés hier ? Et lorsque Cody se décida enfin à répondre, la sonnerie s’arrêta, merde, trop lent.
Cody posa son portable sur le meuble, mais finalement il décida de rappeler Hannah, il saisit le téléphone, alla dans le répertoire, le nom de sa bien-aimée était en haut de liste, son doigt se dirigea vers le bouton appel, mais avant qu’il puisse appuyer sur le bouton, son smartphone se mit à sonner, c’était Hannah qui l’appelait de nouveau, alors il décrocha.
_ Allo mon cœur, alors on ne répond pas de suite ? C’est parce qu’on est encore dans le lit de sa maîtresse ?
_ Mais qu’est-ce que tu racontes encore Hannah ? Je n’ai pas de maîtresse ! Combien de fois vais-je te le dire ? cria Cody.
_ Mais… mais… pourquoi tu me cris dessus, répondit Hannah d’une voix tremblante, puis elle se mit à pleurer, dis-le-moi si tu ne m’aimes plus, pourquoi me crier dessus ? Puis elle pleurait de plus en plus fort, tu ne m’aimes plus ? C’est ça ?
_ Mais non mon cœur, ne pleure pas, je, je, suis désolé, désolé ma chérie… Supplia Cody.
_ Tu m’aimes toujours mon ange ?
_ Mais oui je t’aime trésor !
_ Merci ! lui répondit Hannah, cette fois-ci, avec une voix plutôt enjouée.
_ Quoi ? Un simple, je t’aime, a suffi pour te calmer ? demanda Cody.
_ Hi hi hi hi ! Trop mignon mon chéri, je ne pleurai pas pour de vrai voyons, je simulai seulement, hi hi hi hi, je te fais croire ce que je veux !
_ Hannah ! Mais, t’es pas croyable !
_ Je sais, c’est pour ça que tu m’aimes bébé !
_ J’espère que vous êtes au téléphone avec un client, mademoiselle Forestier ? demanda une voix d’homme.
_ Désolé cher client, nous ne proposons pas ce genre de service ici, dit Hannah, au revoir, puis elle raccrocha.
_ Mais ce n’est pas possible ! s’énerva Cody, bon, ce n’est rien, je l’ai désiré, maintenant qu’on est en couple j’assume, bon j’espère que son boss va la faire bosser un peu celle-là, ha ha ha ha, se mit à rire Cody.
Quand soudain une voix interrompit son monologue.
_ Cody… Cody… Cody…
Surpris par cette voix tremblante, Cody se leva, il se rendit compte que ça venait de la salle de bain, alors il se dirigea vers elle.
_ Il y a quelqu’un ? demanda Cody en s’avançant vers la salle d’eau.
_ Cody… Cody… continua la voix inconnue.
Cody rentra dans la salle de bain et chercha cette voix qui venait de s’arrêter, mais je rêve ou quoi ? Je deviens fou ? se demanda-t-il, puis finalement il remarqua une espèce de créature à l’allure monstrueuse cachée dans la pénombre.
Le petit être devait mesurer 1m50, se tenait debout sur ses pattes arrière, n’ayant pas de membres supérieurs ; la bouche à demi fermée, laissant apparaître quelques dents pointues, ainsi qu’une langue fourchue comme celle d’un serpent, un nez pas encore totalement formé, des oreilles inexistantes, les yeux écarquillés, ronds, grands et ouverts fixant ceux de Cody, mais, qu’est-ce que c’est que ça ? C’est hideux ! pensa-t-il.
Cody posa son doigt sur l’interrupteur et alluma, lorsque la pièce fut éclairée, la créature disparue aussitôt, mais, où est-elle passée ? Je rêve ? Ce sont mes yeux qui me jouent des tours ? pensa-t-il en se frottant les yeux, mais je ne comprends pas, c’est fou !
Mais pendant qu’il se posait des questions, de nouvelles voix apparurent.
_ Assassin ! Meurtrier ! Tueur ! Assassin ! Tueur ! Meurtrier ! Tueur !
Ces voix semblaient venir du salon, attiré par ces nouveaux sons, Cody se dirigea vers le séjour à fin de mener son enquête.
Il arriva au salon, suivit les voix qui répéter sans cesse les mêmes mots “Assassin ! Meurtrier ! Tueur !”, arriva dans un coin du salon proche de la fenêtre, il tendit l’oreille, quand soudain des mains de couleur noire, telle des ombres, sortirent du mur pour l’attraper, c’est quoi ça ? pensa-t-il, tout en faisant un bon vers l’arrière, à fin d’esquiver ces mains, mais les membres s’allongèrent et l’attrapèrent, le tirant vers le mur.
Bien que Cody prenne appui sur ses jambes pour résister à l’attraction, son corps était de plus en plus tiré vers le mur, arrivée à une vingtaine de centimètres, une bouche énorme s’ouvrit, laissant paraître de longues dents lacérées, certaines mesuraient presque vingt centimètres.
La force exercée par ces membres immondes était immense, d’autres mains sortirent de cette bouche énorme et saisirent une jambe de Cody, continuant à le tirer.
Cody perdit alors son équilibre, commença à tomber, par réflexe il essaya de s’agripper à tout ce qu’il pouvait à fin d’espérer rester debout et finit par réussir à attraper la sangle du volet déroulant.
Mais sous la force d’attraction des bras sortis du mur, Cody tomba au sol, ne lâchant pas la sangle qu’il tenait fermement dans sa main droite, le store s’ouvrit, laissant apparaître la lumière du jour, toute la pièce fut alors éclairée, la bouche géante qui était apparue dans le mur se mit à crier de douleur, les bras qui en sortaient rentrèrent à toute allure dans le mur, la bouche se referma aussitôt, laissant le mur retrouver son aspect originel.
Cody, sous la panique, se leva à toute vitesse et recula de quelques pas du mur, je deviens fou ? se demanda-t-il, puis il prit son courage, s’en rapprocha pour l’examiner, c’était réel ? Pensa-t-il tout en levant sa main près du mur pour le toucher, comme s’il voulait vérifier quelque chose, quand soudain la sonnette de sa porte d’entrée retentit, Cody sursauta de peur, c’est qui ? Se demanda-t-il, tout en s’avançant doucement vers elle.
À présent la sonnerie laissa place à des coups sur la porte d’entrée, de plus en plus violents ; Cody arriva à quelques centimètres de la porte, il approcha très lentement sa tête de la porte, comme pour ne pas se faire prendre et posa son regard dans le judas.
Contre toute attente, il y découvrit Luce derrière la porte, vêtu d’une robe d’été courte, blanche à petit pois rouge et des talons hauts ; toute pomponnée, elle savait mettre son magnifique corps en valeur ; la robe semblait un peu petite, on pouvait admirer ses belles jambes ainsi que son magnifique décolleté ; elle rapprocha sa tête de l’œilleton de la porte.
_ Cody, je sais que tu es derrière la porte ! Je te vois ! Arrête de me mater ! Et ouvre-moi avant que je défonce ta foutue porte ! cria-t-elle.
Merde, pensa Cody, puis finalement il déverrouilla la porte.
_ C’est bon Luce, arrête de frapper, je t’ouvre.
Alors que Cody avait à peine ouvert sa porte, Luce rentra dans l’appartement, le bousculant, elle était tout excitée et sursautait sur place.
_ Pipi, pipi, où sont les toilettes, demanda Luce.
Cody pointa du doigt le couloir.
_ Deuxième porte de gau…
Ne le laissant même pas finir sa phrase, Luce était déjà rentrée à l’intérieur des w.c..
Quelques minutes plus tard, la demoiselle en sortit, soulagée et plus calme, elle se dirigea vers Cody.
_ Pourrais-tu aller te préparer ? Nous allons au club ! ordonna-t-elle.
2.
29 mai 2018 - 16h15 - au MORNING STAR.
Luce et Cody étaient enfin arrivés au MORNING STAR, à cette heure-ci le club était plutôt calme, il n’y avait que le personnel : un groupe de musicien qui répétait, des danseuses nues qui défilaient, 2 techniciens qui réglaient les lumières et la sono, 3 barmans et 2 barmaids derrière le comptoir, à ranger la vaisselle, contrôler les bouteilles d’alcool, gérer les caisses…
Contrairement à la veille, aujourd’hui la décoration avait complètement changé, il y avait des ballons et une grande banderole.
_ Une nouvelle déco ? demanda Cody.
_ Pour aujourd’hui seulement, répondit Luce.
_ Qu’y a-t-il aujourd’hui ?
_ On fête l’anniversaire de Michel.
_ Michel ? L’asiatique qui m’a foutu dans ce merdier ?
_ Techniquement tu étais déjà dans la merde !
_ Oui et bien c’est de pire en pire !
_ Ouais, on peut dire ça si tu veux.
_ J’ai deux mots à lui dire à celui-là ! s’énerva Cody.
_ Bon calme toi, j’ai besoin que tu restes zen.
_ Pourquoi donc ? demanda-t-il.
_ Pour connaître la raison pour laquelle ils t’ont relâché si facilement.
_ Ah… Tu es au courant ? demanda Cody.
_ Évidemment que je le suis.
_ Je vais tout t’expliquer Luce.
_ Pas besoin, allez, suis moi, lui répondit-elle, en franchissant la porte réservée au staff, Cody la suivit.
Après avoir traversé la salle de pause, ils prirent le couloir, Cody s’arrêta quelques secondes devant la chambre de Hyuna.
_ Vas la voir si tu veux, je te laisse 5 minutes. Lui dit Luce.
_ Sérieux ? Pourquoi tant de gentillesse alors que j’ai abandonné Kira ? demanda Cody.
_ Je sais ce que ça fait de perdre quelqu’un qu’on aime, lui répondit Luce, elle désigna du doigt le fond du couloir, une fois que tu auras fini, prends cet ascenseur et rejoins-moi au niveau -2, lui dit-elle avec un charmant sourire, puis elle se dirigea vers l’ascenseur.
Cody, lui, entra dans la chambre de Hyuna, qui était allongée sur son lit, elle avait l’aire si paisible, il s’approcha à quelques centimètres de son amie, lui caressa les cheveux, puis sa main descendit le long de sa joue, lui qui s’était juré de ne pas pleurer, ne put s’en empêcher, il essuya la larme qui coulait sur son visage.
_ Je te promets que je trouverai un moyen pour te sauver Hyuna.
Même s’il souhaitait de toute son âme que son amie se réveille et lui parle, il savait très bien que ça ne serait pas juste quelques mots qui l’aiderait, à quoi je m’attendais, je ne suis pas dans un conte de fées, pensa-t-il, puis il recula de quelques pas, ça ne sert à rien que je perde mon temps, il la fixa quelques secondes avant de lui dire “à plus Hyuna” et se tourna vers la porte, puis quitta les lieux.
À présent, il était temps qu’il rejoigne Luce pour lui raconter le déroulement de son séjour dans le fameux Centre, une fois dans l’ascenseur, Cody descendit au deuxième sous-sol, la porte le laissant face à un long couloir, l’architecte qui a fait les plans du bâtiment doit aimer les couloirs, pensa-t-il.
Il commença à avancer et constata des portes numérotées, closes, comment je fais pour la retrouver ? Se demanda-t-il, après une cinquantaine de mètres à marcher, il remarqua sur sa droite une porte ouverte, du bruit en sortait, elle doit être dedans ? S’interrogea-t-il, puis il entendit une voix féminine “ mais où est cette fichue télécommande ? ”, pas de doute c’est bien sa voix, maintenant qu’il avait sa réponse, Cody pénétra dans la pièce, le menant nez à nez avec la paire de fesses parfaite de Luce.
Luce était penchée, la tête vers le bas, fouillant dans le tiroir d’un bureau, apparemment à la recherche d’une télécommande ; comme elle portait une robe d’été très courte, n’importe quelle personne qui passait derrière elle aurait une belle vue sur sa plastique magnifique et justement, Cody fut ce petit chanceux ; son attention était portée sur le tanga orange de Luce, parfaitement assorti à sa chevelure rousse, mais aussi peut-être parce que ce sous-vêtement épousait parfaitement la forme des fesses de la jeune femme ; faut que je détourne le regard, merde, j’ai une copine, pensa Cody, mais il était comme envouté par ce qu’il voyait, en plus du doux parfum de fruit rouge que dégager le corps de Luce.
_ Hey ! Le pervers ! Pendant que t’y es tu vas me faire un petit broute minou ? demanda Luce d’un air enjoué pour narguer Cody.
Cody, surprit pour s’être fait prendre, détourna la tête pour regarder ailleurs.
_ Dé… dé… solé Luce ! dit Cody en bégayant, en plus d’être devenu rouge, comme une tomate.
_ Ce n’est rien, j’suis habitué avec Michel, lui, il vient jusqu’à me peloter les fesses ! Donc toi ça va ! Tu es correct, on va dire !
_ Quoi ? Sérieux ? Il vient jusqu’à te toucher ? Mais il est grave ce type ! J’espère que tu lui casses la tête hein ! s’écria Cody.
_ Non, pourquoi tant de haine ? Tu ne connais pas la fameuse phrase, faite l’amour, pas la guerre ? demanda Luce.
_ Tu es en train de me dire qu’après t’avoir tripoté, tu te contentes de lui demander gentiment des excuses ?
_ Non, même pas, je ne lui dis rien.
_ Hein, mais tu fais quoi alors ?
_ Bah je lui saute dessus et on baise comme des gros malades !
_ Quoi ? Mais tu te moques de moi ?
_ Oui je me fous totalement de ta gueule !
_ Ah ! Tu m’as fait peur ! Suis-je bête, bien sûr que tu le démolis pour t’avoir tripoté ? Ah ah ah ah !
_ Non, quand même pas, on fait plutôt l’amour je dirai.
_ Quoi ??? Sérieux ??
_ Non, je me fous de toi ! Hi hi hi hi ! Ria Luce, après quelques secondes de fou rire, elle reprit la parole, je l’aime bien, il est cool, mais je ne trouve pas attirant les mecs qui ont une calvitie, pour moi, les cheveux ont trop d’importances, un mec sans cheveux, c’est un tue-l’amour voyons ; allons, assez parlé de moi, puisque j’ai trouvé la télécommande, dit-elle en tendant le bras pour la lui montrer, on va pouvoir se mettre au travail.
Luce et Cody, sortirent de cette pièce, ils continuèrent le chemin dans le couloir, s’éloignant de plus en plus de l’ascenseur, ils arrivèrent devant la porte-numéro 20 et y pénétrèrent.
La porte-numéro 20 abritait ce qui semblait être une salle audiovisuelle ; dans cette pièce, il y avait plusieurs bureaux face à un écran géant, plus précisément, un gros écran composé de 9 écrans plus petits, mit bout à bout ; de grands tableaux étaient incrustés dans les murs gauche et droit ; et au centre de la pièce, il y avait une sorte de cabine de douche, transparente, cylindrique, reliant le sol au plafond ; on pouvait voir son contenant, un liquide verdâtre, ainsi qu’une espèce de créature rouge, qui y nageait.
_ Quelle est cette créature ? On croirait le bâtard d’une méduse et d’un poulpe, demanda Cody.
_ C’est un jelypus, répondit Luce.
_ Un quoi ?
_ Laisse tomber, pas le temps de t’expliquer, j’ai perdu trop de temps à chercher la télécommande, on doit se dépêcher.
_ OK, OK, faut que je te raconte ma visite au centre ?
_ Non, pas la peine.
La télécommande en main, Luce appuya sur une touche, c’est alors qu’un bras mécanique descendit du haut de la cabine et attrapa le jelypus, par ce qui semble être sa tête ; elle appuya sur un autre bouton et le liquide verdâtre fut aspiré par le bas ; lors d’un nouvel appui sur sa télécommande, le verre de la cabine, disparut comme un champ de force qui se désintégrait.
Maintenant que cette cabine était ouverte, on pouvait entendre le jelypus gigoter et faire de petits cris, ses tentacules étaient relevés et essayaient d’attraper le bras mécanique, sans doute pour essayer de s’en échapper.
_ Mais Luce, c’est ignoble, ton espèce de méduse-poulpe pousse des cris chelous, en plus elle gigote dans tous les sens, elle doit avoir mal !
_ Cody, c’est un jelypus, et non une méduse-poulpe, bon, arrête de parler et rentre dans la cabine.
_ Quoi ? Tu veux que je rentre dedans, avec ce truc qui gigote au-dessus de ma tête ? Mais ça ne va pas ! C’est mort !
_ Cody, dépêche-toi ! s’écria Luce.
_ Non, Luce, c’est mort !
_ Cody, soit tu y vas de toi même à l’intérieur, soit j’utilise mon pouvoir de persuasion sur toi !
Cody se rappela des souvenirs désagréables qu’il eut la dernière fois, ce sentiment d’impuissance de ne pas avoir le contrôle de son corps, il finit par capituler.
_ OK ! Mais faut que tu saches que c’est à contrecœur !
_ Oui oui, si ça peut te faire plaisir, bon, rentre, dépêche-toi ! ordonna Luce.
Après une dizaine de secondes d’hésitation, Cody prit une grande inspiration et finit par rentrer dans la cabine.
_ J’fais quoi maintenant ? Et ça sert quoi ton jely truc là ?
_ C’est un jelypus Cody !
_ Ouais bah on s’en bat les couilles ! J’te dis que j’vais tout te raconter, alors ça ne sert à rien de me torturer avec ta bestiole là !
_ Mais c’est un jelypus !
_ Oh tu me saoules avec ton jelypus ! Merde ! cria Cody.
_ Ah bah enfin ça rentre, tu vois ce n’était pas si difficile ! s’écria Luce avec un sourire, elle appuya sur un bouton et le bras mécanique, descendit à une grande vitesse, oups c’est trop rapide là, mais trop tard la tête de Cody était déjà emboité dans le jelypus, et aussitôt les tentacules du jelypus agrippèrent le corps de Cody.
_ Luce, Luce, t’as fait quoi ? cria Cody, je ne vois plus rien !
_ Calme-toi Cody, dit-elle en appuyant sur quelques boutons de sa télécommande, ah merde, cette télécommande est tellement vieille qu’on ne voit plus vraiment le nom des touches.
_ Quoi qu’est-ce que tu racontes ? Interrogea Cody, puis finalement, la vue lui revenait petit à petit, ça y est ! Je revois à nouveau Luce ! J’sais pas ce que tu as fait à mes yeux, mais je revois ! s’écria-t-il.
_ Ouais je gère grave ! Tu vois ! Tu vois ! C’est qui la plus forte ? C’est Luce !
_ Luce, lorsque je lève la tête, je ne vois plus la bestiole, il n’y a que le bras mécanique, mais c’est fou, j’ai beau la chercher, elle n’est pas là ! T’en as fait quoi ?
_ Bah en fait, je t’ai emboité dans le jelypus… répondit Luce.
_ Hein ? Comment ça ?
_ Bah, ta tête est dans le jelypus !
_ Quoi ? s’écria Cody, c’est une blague ? demanda-t-il, en usant de ses mains pour toucher sa tête comme pour vérifier, puis à sa grande surprise, au lieu de sentir sa tête, il sentit le corps gluant du jelypus, prit de panique il commença à se débattre et à crier, mais t’es grave Luce ! Arrête ta merde ! Mais t’es folle ! Enlève-moi ça !! Luce ! Malgré ses efforts, il lui était impossible de retirer la bestiole.
_ Cody, arrête de bouger, tu vas lui faire mal !
_ Ouais bah je m’en tape !
_ Arrête de bouger ! ordonna Luce.
Le corps de Cody s’arrêta aussitôt, apparemment Luce avait finalement usé de ses pouvoirs.
_ Je peux plus bouger ! Pourquoi tu as utilisé ton pouvoir ?
_ Tais-toi, sinon je t’oblige à fermer ta bouche ! cria Luce.
_ OK, accepta Cody, sachant qu’il n’aura jamais le dernier mot avec cette rouquine aux yeux verts, mais dis-moi ce que tu vas me faire, dis ! Moi ! s’écria-t-il.
_ OK… moi ! Voilà ! Hi hi hi hi !
_ Quoi ? Interrogea Cody, puis il finit par comprendre que c’était l’humour de Luce, alors j’ai dit “dis-moi” et mademoiselle a dit “moi”, ah, ah, ah… ça y est tu es contente avec ta blague à deux balles ? demanda Cody.
_ Oui !! Trop !! s’écria Luce en frappant des mains.
_ T’es relou Luce, explique-moi ton délire avec ta bestiole… je veux dire le jelypus.
_ Bravo, tu as vraiment retenu son nom, bon, pour faire simple, grâce au jelypus, on va pouvoir lire tes souvenirs, et comme il est relié à l’écran, je vais voir directement, ce que tu avais vu lorsque tu étais prisonnier du centre.
_ Bah pourquoi tu ne m’as pas laissé te le raconter ? demanda Cody.
_ Tu vas sans doute oublier des détails, alors qu’avec le jelypus, on aura 99% de tes souvenirs et en plus c’est relié sur les écrans alors je pourrais voir directement tes souvenirs, comme un film ; et puis les données sont enregistrées sur le serveur, alors on pourra y accéder de nouveau si besoin, c’est top non ?
_ OK, si tu veux Luce… et je fais quoi maintenant ? Faut que je me concentre et que j’essaie de repenser à ce que j’ai vu cette nuit ?
_ Non, fais le vide dans ta tête, ça ira, le jelypus fera le reste.
_ OK, je vais essayer, répondit Cody, puis il ferma ses yeux, pour avoir une concentration maximale.
Après leur petite conversation, Luce alluma les écrans qui se trouvaient face à elle, au début, on voyait des grains de sable, mais au bout de quelques secondes, une image de plus en plus nette apparut sur les écrans.
3.
29 mai 2018 - 3h33 - au CENTRE.
Cody était dans un laboratoire, des chercheurs en blouse blanche parlaient entre eux avec des thermes scientifiques ; avec la fatigue cumulée, Cody comprenait à peine la moitié de leurs conversations ; certains étaient devant des ordinateurs et d’autres devant des outils biomédicaux.
_ Excusez-moi… demanda Cody, vous allez faire comment pour m’enlever ces gants bizarres qui ne se retirent plus…
Alors que Cody put enfin trouver le courage pour leur adresser la parole, personne ne lui répondait, merde, il m’ignore totalement, j’vais faire comment si je ne peux plus retirer ces trucs de mes mains ? S’interrogea-t-il, quand soudain, un scientifique se dirigea vers Cody, super, il vient me parler, pensa-t-il, mais le type en blouse blanche ne s’arrêta pas et continua son chemin, et merde ! Enfoiré ! s’énerva Cody et c’est à cet instant qu’une voix féminine apparut derrière lui, le faisant sursauter.
_ Monsieur IVANOV, je suis le docteur SHEILA, après quelques recherches, nous avons trouvé une solution pour vous, lui dit-elle.
_ Super ! s’écria Cody, ne réussissant pas à contenir sa joie, alors c’est quoi ? demanda-t-il.
_ Une amputation est la meilleure des solutions, lui répondit SHEILA d’un ton très sérieux.
_ Euh… il n’y a pas une autre solution par hasard ? l’interrogea Cody.
_ Bien entendu, mais elle comporte un risque…
_ Lequel ?
_ Eh bien, j’ai mis au point un sérum qui pourrait permettre de retirer ces gants.
_ Et le risque ?
_ Vous pourriez rester paralysé à vie.
_ Quoi vous vous foutez de moi ?
_ Non, du tout, ce poison que j’ai réalisé n’a pas d’effet sur un humain, mais juste sur une créature démoniaque.
_ Une créature démoniaque ? Mais ce sont juste des gants !
_ Oui bien sûr, des gants qui ont la particularité de s’implanter en vous par le biais de racines ? lui répondit le docteur SHEILA, elle pointa du doigt des IRM affichées au mur, voyez, ce sont vos mains, et là des racines ; donc pour moi, il n’y a aucun doute que ces gants ont été fabriqués à partir d’une créature démoniaque.
Cody ne comprenait pas vraiment ce que cette femme lui racontait, mais acquiesça avec un sourire, comme s’il était d’accord avec elle, ou sans doute pour paraître moins bête aux yeux de la jeune femme.
_ OK, OK, bah injecter moi votre sérum ou poison, peu importe le nom que vous lui donniez.
_ Attendez, je viens de vous dire que je vais vous injecter un prototype de poison qui pourrait sans doute vous ôter la vie et vous acceptez quand même ?
_ Bah, entre me faire tuer et me faire estropier, on va dire que je préfère la mort.
_ OK, comme vous voulez, vous êtes maître de votre destin !
Après leur conversation, le docteur SHEILA fut rejoint par le docteur MARTIN, à fin de l’assister, ils installèrent Cody devant une table et lui demandèrent de poser ses mains dessus.
Le docteur SHEILA sortit deux seringues et injecta un produit dans les avant-bras de Cody, quelques secondes plus tard, le docteur MARTIN retira les gants, Cody était enfin soulagé.
_ Ah ! Super ! Génial ! s’écria Cody, vous avez réussi docteur SHEILA.
_ Bien entendu qu’elle a réussi, lui répondit le docteur MARTIN.
_ Vous aussi vous n’en doutiez pas hein ?! s’exclama Cody.
_ Eh bien, à vrai dire jeune homme, planter une aiguille est plutôt facile…
_ Euh… oui ça je pense bien, mais je veux dire, le sérum qu’elle a créé n’est qu’un prototype, donc j’ai cru que j’allais y rester, mais finalement ça a fonctionné, c’est génial !
_ Jeune homme, je ne comprends pas pourquoi vous en doutiez, ce sérum a prouvé son efficacité depuis plus de 10 ans déjà, lui répondit le docteur MARTIN.
_ Quoi, mais, mais, elle m’a dit qu’elle venait de créer ce prototype…
_ C’était juste pour vous faire marcher voyons, lui dit le docteur SHEILA.
_ Mais vous êtes grave ! J’ai flippé à fond ! s’exclama Cody.
_ J’avais tellement pitié de vous voir paniquer, alors j’ai fait cette petite blague pour vous décoincer un peu.
_ Oui bah au contraire, vous m’avez juste foutu les boules.
Pendant que Cody discutait avec les docteurs MARTIN et SHEILA, un homme vêtu d’un costume noir entra dans le laboratoire, se dirigeant vers Cody, puis il adressa la parole aux docteurs, ignorant complètement Cody.
_ Vous en avez fini avec le patient ? demanda l’inconnu en noir.
_ Oui, répondit le docteur MARTIN.
_ Très bien, je vais escorter le patient dans sa cellule et faites envoyer ces gants à l’armurerie, ils étudieront ça demain, ordonna l’homme en noir.
_ D’accord, répondit le docteur SHEILA.
L’inconnu habillé en noir, ne laissa même pas le temps à Cody de dire au revoir aux docteurs, et le fit mettre en cellule ; une demi-heure plus tard, le même homme revint chercher Cody et l’accompagna au bureau de Miss ANDRÉA.
Miss ANDREA était assise derrière son bureau, le téléphone à la main, en pleine conversation, lorsqu’elle vit Cody, elle conclut son appel.
_ Le sujet est arrivé, je vous laisse, je vous ferai mon rapport le plus tôt possible, puis elle raccrocha, tourna sa tête vers les 2 hommes qui venaient de pénétrer son bureau, merci agent GILES, vous pouvez disposer, s’adressa Miss ANDRÉA à l’homme en noir.
_ Oui madame, répondit l’agent GILES, puis il quitta la pièce.
_ Monsieur IVANOV, je vous en prie, prenez place, les sièges sont confortables, lui dit-elle avec une pointe de cynisme.
Cody hésita un petit instant, comme à son habitude, mais finit par s’asseoir face à Miss ANDRÉA.
_ C’est bon j’suis assis maintenant, avant toutes choses, pouvez-vous me dire où se trouve ma coéquipière ? demanda Cody.
_ Oui, bien sûr, mais laissez-moi vous dire qu’elle n’est pas votre coéquipière, vous êtes juste un jouet, qu’elle utilise à sa convenance actuellement, une fois cassé, elle en aura un nouveau.
_ Vous n’avez pas répondu à ma question…
_ Toutes mes excuses, votre soi-disant coéquipière est en soin intensif, nous nous occupons d’elle, ne vous en faites pas.
_ Pourrais-je la voir ? demanda Cody.
_ Pas maintenant, lorsqu’elle sortira des soins, oui, vous la verrez.
_ Non, je veux la voir maintenant ! exigea Cody.
_ Monsieur IVANOV, pensez-vous être en position de force ? Non, je ne le crois pas, pensez-vous qu’en me parlant de la sorte, je cède à vos caprices ? Non, cela m’étonnerait.
_ OK, OK, désolé, je suis un peu énervé, je vous fais toutes mes excuses.
_ Je préfère cette nouvelle attitude, savez-vous pour qui vous travaillez ? Non. Savez-vous qui nous sommes ? Non, vous n’en savez rien. Souhaitez-vous que je vous en apprenne davantage ? demanda Miss ANDRÉA.
Après un petit moment de silence gêné, Cody prit la parole.
_ Ah… c’est une question ? Eh bien oui, je vous écoute.
Miss ANDRÉA, quitta son siège, à présent, debout, elle passa de l’autre côté de la table et s’assieds dessus, croisa ses jambes ; elle fixa Cody dans les yeux et commença à parler.
_ Nous vivons dans un monde qui n’est pas le nôtre monsieur IVANOV, les monstres tels que les vampires, les lycaons, les trolls, les gobelins et j’en passe, sont bien réels, lui expliqua Miss ANDRÉA.
_ Et le vieillard qui a tenté de me mordre le cou est un vampire ? demanda Cody.
_ Oui, ça en est un, ainsi que toutes les personnes qui se sont fait décapiter par Kira, répondit la dame.
Cody ressentit un soulagement au plus profond de lui, ça veut dire que Kira n’a tué aucun être vivant, pensa-t-il.
_ Si Kira a tué ces monstres, pourquoi l’avoir capturé tel un animal ?
_ Eh bien, simplement parce qu’elle aussi en est un, monstre.
_ Vous vous foutez de moi ? demanda Cody en élevant légèrement le ton.
_ Non, je ne me le permettrai pas, votre soi-disant coéquipière n’est autre qu’une vampire, répondu Miss ANDRÉA, mais elle voyait bien que Cody se forçait à refuser de croire ce qu’elle disait, elle en rajouta, au fond de vous, vous le saviez, mais refusez de l’admettre ; vous n’êtes pas si bête monsieur IVANONV, vous avez bien était témoin de ses réflexes surhumains, de sa vitesse hors du commun, son endurance ou même son incroyable force, non ? Vous l’avez vu rouler comme une folle sur la route, sans avoir aucun accident, et ça ne vous a pas interpellé ; il ne lui a fallu qu’une dizaine de minutes pour décapiter tout ce beau monde dans cet entrepôt, un être humain est-il capable de faire un tel carnage en si peu de temps ? Mieux encore, vous l’avez vu se prendre une barre de métal, et pourtant elle a continué à se battre, si c’était vous, croyait moi, vous serez déjà mort.
Après toutes ces explications, Cody ne pouvait qu’admettre que Miss ANDRÉA avait raison, qu’il était d’accord avec elle.
_ Eh bien, que dire ?
_ N’en dites pas plus Monsieur IVANOV, l’interrompit Miss ANDREA, puis elle reprit aussitôt, votre tête en dit bien assez.
_ OK, admettons que je vous crois, OK, je vous crois… même si Kira est une vampire, le fait qu’elle extermine d’autres vampires, c’est bien non ? Alors, pourquoi l’avoir mal traité ? demanda Cody.
Miss ANDRÉA se redressa, se leva et commença à marcher.
_ Nous ne l’avons pas mal traité comme vous le dites si bien, nous savions qu’elle aurait résisté, nous avons juste pris, on va dire, des précautions, après tout, un monstre reste un monstre.
_ Oui et bah elle peut être ce qu’elle est, finalement elle m’a sauvé, si elle ne m’avait pas écarté, c’est moi qui me serais fait empaler au lieu d’elle ! s’écria Cody.
_ Si un assassin faisait une bonne action, comme par exemple sauvez une vie, ses autres crimes seraient-elles pardonnées ? Ou oubliées ? Ce geste effacerait-il les dizaines, ou centaines de crimes qu’il aurait commis auparavant ? Qu’en penseraient les familles des défunts ?
Cody réfléchit quelques secondes.
_ Je ne sais pas, mais, vous, qui êtes-vous pour la juger, qui êtes-vous pour décider de son sort, qui êtes-vous pour donner l’ordre à des gens pour la capturer si violemment ?
_ Qui je suis ? Eh bien, je vais vous le dire, Miss ANDRÉA s’arrêta de marcher et se tourna vers Cody, je suis un agent du Centre, assermenté par la “ Nation Mére ”, mon travail est d’arrêter ce genre d’individu, le ramener et le faire juger par un juge compétent qui décidera de son sort.
_ La Nation Mère ? Le Centre ? S’interrogea Cody.
_ La Nation Mère est l’organisation internationale regroupant tous les états de notre chère planète Terre et le Centre en est une petite filiale.
_ Juste comme ça, avant de continuer votre histoire, j’ai l’impression qu’on est dans un film, et comme dans tous les films, lorsque les gens comme vous révèlent à des gens comme moi, ce genre d’information, en général, on est mort, alors juste comme ça, si vous avez l’intention de me tuer, alors faites le maintenant, comme ça vous ne gaspillerez pas votre salive et moi mon temps hein.
_ Monsieur IVANOV, s’il vous plaît, gardez votre sarcasme pour vos nouveaux amis, ici, nous sommes entre gens civilisés, je vais faire comme si je n’avais pas entendu, lui répondit Miss ANDRÉA ; elle le fixa et arrêta de parler une dizaine de secondes, comme pour marquer un temps de pause et repris, si je vous raconte tous ceci c’est parce que le centre souhaiterait vous embaucher ; en une nuit, vous avez acquis beaucoup plus d’expériences que la plupart des agents de chez nous qui n’ont encore jamais mis le pied sur le terrain, de plus, vous avez passé du temps chez ce club, le Morning Star, sans y allez par quatre chemins, autant vous dire maintenant ce que j’attends de vous…
Cody finit par comprendre où Miss ANDRÉA voulait en venir et lui coupa la parole.
_ Vous voulez que je les infiltre pour vous ?
_ C’est cela, je vois qu’on ne peut rien vous cachez dis-donc.
_ Ouais, prenez-moi pour un con, s’il vous plaît, pas de sarcasme entre nous hein !
Miss ANDREA reprit sa petite marche, les fameux 100 pas.
_ Veuillez me pardonner, Monsieur IVANOV.
_ C’est bon je vous pardonne, dit-il avec un sourire en coin, mais, il y a un truc que je ne comprends pas.
_ Dites-moi tous, je suis tout ouïe.
_ Eh bien, d’après ce que j’ai compris, tous les états de notre planète se sont uni et ont créé la Nation Mère ; ensuite la Nation Mère a créé le Centre et vous, vous bossez pour le Centre ; votre travail consiste à arrêter les monstres, OK ? Kira, elle, elle bosse pour le Morning Star et elle tue les monstres ; en gros elle les arrête aussi, mais avec une façon beaucoup plus radicale, en gros, vous faites partie du même côté, non ? Alors pourquoi vous allez juger Kira ?
Après sa petite minute de gloire, fier de lui, Cody, un sourire aux lèvres, croisa les bras et soutint le regard de Miss ANDRÉA.
_ Donc d’après vous, un groupe constitué d’assassin en tout genre, qui fait ses propres lois, ainsi que sa propre justice, ferait le même travail que des policiers ou des gendarmes, qui ont été formés à gérer des situations de crise ?
_ Vu comme ça… mais soudain Cody changea de sujet, ce club, qu’est-ce que c’est ? Et que font-ils vraiment ?
_ Le Morning Star est un club pour monstres en tout genre, mais il accueille aussi les humains, sur ça, je ne peux rien dire, ils ont une licence légale ; par contre, là où ça l’est moins, c’est le fait qu’ils se permettent de faire leur propre justice ; ils se permettent de voler, torturer, tuer, que ce soit des monstres ou des humains ; c’est pour cela qu’il faut les arrêter.
_ Le Morning Star est un repère qui emploie des monstres ?
_ Oui, c’est bien cela, d’ailleurs nous savons pour votre amie qui est séquestrée chez eux, en ce moment même.
_ Vous avez déjà des infiltrés au club ?
_ Non, sinon je ne vous le demanderai pas, mais nous avons des yeux partout, bref, si vous vous consentiez à nous aider, je vous promets de faire sortir votre amie, mademoiselle GAULTIER, de cet endroit.
_ Sans indiscrétion, comment allez-vous faire ?
_ Nous avons les bras longs, monsieur IVANONV, ne doutez pas de nous, lui répondit miss ANDRÉA ; quand soudainement le téléphone se mit à sonner, les interrompant en plein milieu de leur conversation, Miss ANDRÉA décrocha, allo.
_ Madame, désolé de vous interrompre, mais c’est un appel important de monsieur PARKER, dois-je vous le mettre en ligne ?
_ Deux petites secondes Claudia, répondit Miss ANDRÉA, puis elle leva sa tête vers Cody, Monsieur IVANOV, désolé, mais nous devons nous quitter, je vous laisse 24h pour vous décider, à bientôt, puis elle remit le téléphone à son oreille, dites à l’agent GILES de raccompagner Monsieur IVANOV chez lui, puis mettez-moi en ligne avec monsieur PARKER.
_ Mais, mais, j’ai encore plein de questions, dit Cody.
Mais Miss ANDREA ne l’écoutait plus, elle était déjà dans une nouvelle conversation, Cody voyant qu’il se faisait ignorer, arrêta de gaspiller son énergie, attendant sagement que l’agent GILES vienne le reconduire chez lui…
4.
29 mai 2018 - 16h52 - au MORNING STAR.
Luce regardait défiler les souvenirs de Cody sur son écran jusqu’au moment où l’agent GILES le déposa chez lui, jugeant qu’elle n’en apprendrait pas plus sur le CENTRE, elle appuya sur la touche STOP de sa télécommande et l’image à l’écran disparut ; elle commença à marcher, se positionnant devant Cody à fin de converser avec lui.
_ Ça va toujours Cody ? demanda Luce.
_ Oui, ça va, ça fait juste hyper bizarre de s’entendre parler, répondit Cody, il marqua un petit temps de pause, environ une dizaine de secondes avant de reprendre la parole, comme tu as pu le voir dans mes souvenirs, je n’ai pas répondu à la question de Miss ANDRÉA, d’ailleurs elle ne m’inspire pas confiance, en fait, je ne veux pas travailler avec elle, je préfère rester chez vous, Kira m’a sauvé à plusieurs reprises.
_ Hi hi hi hi hi ! Ria Luce alors que Cody semblait être honnête pendant sa confidence.
_ Mais je me confie à toi, et toi tu te tapes des barres ? C’est quoi le délire là ?
_ Hi hi hi hi hi ! Décidément Luce ne pouvait plus s’arrêter de rire, attends tu vas comprendre, dit-elle en sortant son smartphone de sa poche, elle le débloqua, le leva vers Cody et appuya sur l’écran.
_ Mais tu fais quoi là avec ton tel ? Espèce de cinglée ! s’écria Cody.
Luce tourna l’écran de son smartphone vers Cody.
_ Regard ta tête ! Hi hi hi hi ! Tu pourrais dire le truc le plus triste au monde, ça me ferait toujours autant rire ! Hi hi hi hi ! Un homme à tête de jelypus qui parle, hi hi hi hi ! Et en plus il pleurniche ! Hi hi hi hi !
_ Ha, ha, ha, très, très drôle ! Lui répondit Cody avec une pointe de sarcasme avant de se mettre à hurler, MAIS C’EST QUAND QUE TU M’ENLÈVES CETTE BESTIOLE DE MA PUTAIN DE TÊTE ?
Cette fois Luce se calma.
_ C’est bon, on a bien le droit de rire non ? Lui demanda Luce, avant de reprendre son fou rire, Hi hi hi hi ! Un jelypus qui cri ! Hi hi hi hi !
_ LUCE ! MERDE ! ENLÈVE-MOI ÇA ! S’IL ! TE ! PLAÎT !
_ Hi hi hi hi ! OK OK ! J’vais te l’enlever, mais vous étiez si mignon ensemble, lui dit-elle en pressant une touche de sa télécommande, le bras mécanique descendit, attrapa le jelypus et remonta avec la créature, les portes de la cabine s’évaporèrent et Cody en sortit à toute vitesse.
Une fois qu’il était à l’extérieur de la cabine, Luce pianota sur quelques touches de sa télécommande et les portes réapparurent, le liquide verdâtre rempli à nouveau la cabine, le bras mécanique relâcha son emprise sur le jelypus et la créature fut enfin libre et put nager à nouveau.
Cody fixait Luce d’un regard mauvais, sans doute parce qu’il se sentait blessé par le fait qu’elle se moquait de lui alors qu’il se confiait.
_ Mais t’es vraiment une folle toi ! Tu adores humilier les gens ? C’est ton délire ?
Luce ne rigolait plus, elle était devenue hyper sérieuse.
_ Et toi, c’est ton délire d’abandonner les gens qui t’ont lavé le cul ? lui répondit Luce.
Cody avait très bien compris où Luce voulait en venir, il savait parfaitement qu’elle faisait allusion à Kira, puis soudainement il se sentit moins fier et commença à regretter ses paroles.
_ Je… je suis désolé pour Kira…
_ Ouais tu as plutôt intérêt, car Kira, elle, ne t’aurait jamais abandonné là-bas, elle se serait battu à mort pour ramener ton petit cul de fillette ici hein ! s’exclama Luce.
Cody ne savait vraiment plus où se mettre.
_ Sérieux, Luce, j’suis désolé…
_ Les désolés, il y en a plein les rues ! s’énerva-t-elle.
_ Je… je… ne sais plus quoi dire… lui dit Cody, en parlant de plus en plus bas, puis soudain il se rappela de Hyuna, il se rappela du fais qu’il n’avait pas été à la hauteur pour la sauver, et qu’apparemment il était en train de reproduire la même chose avec Kira, et finit par se dire que si Hannah était en danger, il ne réussirait sans doute pas à la sauver, elle aussi, puis un sentiment de rage grandit au fond de lui, PEUT-ÊTRE QUE J’AI MERD É ! NON ! J’AI MERD É ! ET JE TE DEMANDE PARDON ET JE FERAI DE MÊME AUPRÈS DE KIRA ! MAIS D’ABORD JE VAIS LA CHERCHER ! ET JE VAIS LA RAMENER ! ALORS, ARRÊTE DE ME SERMONNER ! hurla Cody.
_ Ho ho ! C’est bon ! Pas la peine de crier, je ne suis pas sourde Cody, oh là là, je le savais que tu allais répondre, non, à cette conne de Miss ANDRÉA, je le savais que tu allais me dire que tu irais sauver ma petite Kira, mais je ne pensais pas que tu le crierais aussi fort.
_ Mais… mais… espèce de sadique sans cœur ! Tu savais tout ça et tu m’as laissé dans cet état lamentable ? Mais t’es horrible toi !
_ Je sais Coco ! Hi hi hi hi ! Ça te va trop bien ce surnom ! S’excita Luce.
_ Ne m’appelle pas COCO ! Merde ! T’es vraiment une dingue ! s’écria Cody.
Puis, soudain, Luce s’arrêta de rire.
_ J’avoue que je ne t’ai pas vraiment expliqué les choses et ce n’est pas à l’autre folle du Centre de le faire, en plus elle ne t’a pas tout dit, alors ouvre bien grand tes oreilles !
_ OK, lui répondit Cody, enfin calmé.
_ Nous vivons dans un monde qui abrite des créatures nocturnes, telles que les vampires, lycaons et j’en passe, comme te l’a expliqué cette miss ANDRÉA. Ces créatures que vous appelez, monstres, ne sont pas si différentes de vous, à leurs yeux, vous n’êtes que du bétail, tout comme les animaux de ferme, par exemple, le sont pour vous. Le fait de tuer ces pauvres bêtes pour vous nourrir ne fait pas de vous des tueurs, mais juste des prédateurs. Alors pourquoi les créatures nocturnes, elles, passent-elles pour des assassins et non juste pour des prédateurs, plus fortes et plus endurantes ? Pour vous, les humains, tuer est un geste qualifié de mauvais, par contre, tuer pour se nourrir, c’est autorisé ; tuer pour se défendre, on peut l’accepter aussi ; en fait, vous tuez et ensuite vous trouvez une excuse valable, ou vous inventez des lois pour défendre vos gestes ! Vous détruisez des forêts entières pour créer des usines ou des habitations ; vous inventez même des guerres, pour de multiples raisons, toujours bonnes, à fin de tuer vos semblables ; mais tant que c’est justifié, tout va bien, n’est-ce pas ? Mais si un quelconque prédateur se permet de vous chasser, tuer, manger, tout de suite son geste est considéré comme mauvais. Pourquoi ne pas simplement reconnaître que nous vivons justes dans un monde où les plus forts dévorent les plus faibles ? Tout comme l’herbe se fait brouter par la vache, la vache qui se fait manger par l’humain, dans ce cas, le vampire, lui, ne fait que déguster le sang d’un humain, tout comme vous, qui dégustez un bon vin rouge, non ?
_ Euh… je n’ai pas très bien compris ton charabia, je vois ce que tu voulais dire, mais t’as façon d’expliquer est tellement à chier Luce ! Tu veux trop faire la meuf qui parle trop bien, mais en réalité, c’était nul !
_ Cody, ce n’est pas le moment !
_ Euh… OK… sinon… depuis tout à l’heure tu n’arrêtes pas de dire, vous les humains, pourtant tu es bien humaine, non ?
_ Non, mon cher Cody, je ne le suis pas, lui répondit Luce.
_ Euh… Luce… tu te moques de moi j’espère, tu es une vampire ? demanda Cody d’un ton sarcastique.
_ Non, je suis une hybride.
_ Ha ha ha ha ! Elle est bien bonne celle-là, ria Cody.
_ Il n’y a pas que des monstres sur terre, il y a aussi des êtres de lumières et d’ombres qui y traînent, vous les nommez, anges et démons.
_ T’es en train de te foutre de MA GUEULE !? s’écria Cody, mais lorsqu’il vit que le visage de Luce restait inchangé, il finit par comprendre qu’elle était très sérieuse.
_ Je ne te force pas à me croire, je tenais juste à être honnête avec toi, maintenant, que tu l’acceptes ou non, je m’en moque.
_ Ok Luce, lui dit Cody en reprenant son sérieux, excuse-moi, je t’en prie, continue.
_ Les créatures que nous abattons sont celles qui nous attaques ou celles qui ont été influencées par les démons, si c’est une créature lambda qui s’est juste permise de se nourrir d’humain, donc d’avoir enfreins la loi, régit par le traité de paix signé depuis des siècles, on laisse la Nation Mère gérer ça.
_ Mais, Miss ANDRÉA dit que vous n’avez aucun pouvoir, aucun droit.
_ Le Centre n’est qu’une petite filiale de la Nation Mère, ils ne sont pas au courant de nos accords secrets avec les créateurs de la Nation Mère.
_ Des accords ?
_ Oui, nous sommes des mercenaires qui ont été employés par la Nation Mère, nous avons donc le droit de faire ce qu’on fait ; c’est à dire, juger, torturer et abattre des créatures ou même des humains, quand nous jugions qu’il le faut.
_ Mais ce n’est pas le boulot du Centre ? demanda Cody.
_ Ça ne l’a jamais été, le Centre est une cellule qui a été créée pour accueillir les créatures nocturnes quand elles se sentent perdues ; mais, seulement depuis 10 ans, le Centre a eu des autorisations à fin de mener des études et recherches sur des phénomènes paranormaux, telles l’apparition d’autre monde parallèle et la venue d’extra-terrestres, ainsi que toutes formes de vies qui ne rentrent pas dans la catégorie, dieu, ange, démon, créatures de l’ombre et créature usant de magie.
_ Eh bien, en tout cas Miss ANDRÉA, pense qu’elle doit faire notre boulot alors.
_ Je ne sais pas ce que le CENTRE mijote, mais, puisque tu veux tant libérer Kira, je vais t’y accompagner, j’ai des questions à poser à Miss ANDREA, qu’est-ce que tu en dis ? demanda Luce à Cody.
_ Maintenant ? demanda Cody.
_ Pourquoi pas ? lui répondit Luce.
_ Et bien… il y a un liquide bizarre sur ma tête… et je trouve que je sens mauvais là… en fait… mauvais n’est pas vraiment le mot approprié… c’est juste que ça sent fort… mais bizarrement cette odeur ne m’est pas inconnu… elle me dit quelque chose… s’interrogea Cody.
_ Tu as une petite copine Cody ?
_ Ouais, mais je ne vois pas le rapport.
_ Tu lui fais plaisir des fois ?
_ Ouais, même si je ne suis pas très riche, je lui paie des restaurants et je lui offre des cadeaux… mais je ne vois toujours pas où tu veux en venir.
_ Quand je disais faire plaisir, je pensais plutôt à des plaisirs sexuels que les couples se donnent mutuellement… des gâteries quoi ? Lui demanda Luce.
Cody devint rouge comme une tomate, cette question était tellement hors contexte.
_ NON, MAIS ÇA NE VA PAS ! JE NE VAIS PAS TE RACONTER MA VIE SEXUELLE OH ! s’écria Cody, puis soudain, il comprit pourquoi cette odeur lui était particulière. NON ! MAIS T’ES SÉRIEUSE Là ?
_ Ah ! Je vois que tu as compris, bravo, Cody !
_ ATTENDS ! T’ES SÉRIEUSE ?
_ Cody, en haut il y a la tête, en bas il y a quoi ?
Cody se mit à vomir, une fois, deux fois et même trois fois.
_ MAIS ESPÈCE DE TARÉE ! POURQUOI TU AS MIS MA TÊTE DANS SON VAGIN ?
_ Bah si je rentrai ta tête dans sa bouche, elle t’aurait bouffé, alors il n’y avait pas d’autre solution ! Hi hi hi hi ! Ça te fait quoi de faire un fist-fucking à un jelypus ? Qu’est-ce que je raconte, devrais-je dire un head-fucking oui, hi hi hi hi !
_ LUCE ! MAIS T’ES VRAIMENT UNE TARÉE MA PAROLE ! hurla Cody.
Luce avait un petit sourire en coin.
_ Bah t’as qu’à te dire que c’est ton sort pour avoir abandonné Kira.
En entendant ces mots, Cody se calma et accepta son sort.
_ Mouais, OK, si tu veux… lui répondit calmement Cody.
_ Allez le monstrophile, va te laver et rejoins-moi au garage dans 20 minutes.
Tandis que Luce se dirigea vers le garage, Cody lui, se dépêcha d’aller à la salle de bain pour se laver.
5.
29 mai 2018 - 18h - au CENTRE.
Après leur petite discussion au Morning Star, accompagné de Cody, Luce s’est fait conduire au Centre par son chauffeur personnel, Alfonse, un homme aux cheveux gris, d’une soixantaine d’années.
Une fois arrivée à l’adresse du Centre, Luce demanda à Alfonse de les attendre, tandis qu’elle et Cody sortirent de la voiture pour se diriger vers ce bâtiment, grand, disposant de 20 étages, d’une forme hexagonale, blanc, avec de multiples fenêtres, le Centre.
_ Tu connaissais l’adresse du Centre ? demanda Cody.
_ Bien évidemment Cody, ils ont mis le Morning Star sous surveillance, alors je leur ai rendu la pareille voyons, c’est de bonne guerre, non ?
_ Oui… si tu le dis Luce. Lui répondit Cody, mais on fait comment ?
_ Eh bien, on va à l’entrée et je demande à voir Miss ANDRÉA, simplement, non ?
_ Et simplement, tu penses qu’elle va se pointer pour t’accueillir ?
_ Mais oui, enfin, je pense.
Luce et Cody pénétrèrent le bâtiment, ils se dirigèrent tout de suite à l’accueil.
_ Madame, Monsieur, bonsoir, nous sommes dans le regret de vous apprendre que le Centre ferme ses portes dans une trentaine de minutes.
_ Bonsoir, je souhaiterais parler à Miss ANDRÉA s’il vous plait, demanda Luce.
_ Madame, avez-vous un rendez-vous ? lui répondit l’hôtesse d’accueil, qui semble s’appeler Charlotte à en croire le nom indiqué par le badge accroché sur sa chemise.
_ Non, mais, puis-je en prendre un ? demanda Luce.
_ Oui, bien entendu, mais il faudra contacter sa secrétaire personnelle, madame MARTIN Claudia.
_ OK, Charlotte, c’est bien ça votre nom ?
_ Oui madame, c’est mon nom.
_ Je sais que vous ne faites que votre boulot, mais VOUS COMMENCEZ SÉRIEUSEMENT à ME LES BRISER Là ! ALORS APPELLER MOI CETTE CONNE DE MISS ANDRÉA, EST-CE CLAIRE ? cria Luce de toutes ses forces.
Charlotte prit de panique, recula jusqu’au mur derrière elle, tandis que deux gars de la sécurité s’approchèrent de Luce et Cody.
_ Madame, Monsieur, comme vous l’a expliqué notre hôtesse, sans rendez-vous, ne pouvez pas rester, alors s’il vous plait, partaient, dit un des deux vigiles à Luce en l’attrapant par le bras.
_ Retire tes sales pattes de mon bras ! Ordonna Luce en usant de son pouvoir de persuasion, le vigile retira ses mains aussitôt, maintenant excuse-toi l’insecte !
_ Toutes mes excuses madame, lui dit l’un des deux vigiles.
_ Quoi ? Mais pourquoi tu t’excuses ? demanda le deuxième vigile.
_ Ferme ta bouche et va poser ton cul sur le banc près de la plante verte ! ordonna Luce.
Le deuxième vigile fit aussitôt ce que Luce lui dit sous les yeux ébahis de Charlotte qui ne comprenait pas ce qui se passé.
_ Mais qu’est-ce qui se passe ? S’interrogea Charlotte.
_ Toi la greluche, tu ouvres encore ta gueule et j’te fais bouffer tes cheveux ! Est-ce clair ?
Charlotte avait tellement peur, qu’elle n’osa même pas parler par peur que Luce mette à exécution sa menace, elle hocha juste la tête de haut en bas, pour faire comprendre qu’elle avait accepté de se taire.
_ Désolé Charlotte, ma patronne est un peu énervée, dis Cody à Charlotte.
_ Tais-toi Coco, et toi le vigile de supérette, tu m’emmènes tout de suite voir cette pétasse d’ANDRÉA, j’ai deux mots à lui dire ! ordonna Luce.
Le vigile conduit Luce et Cody à l’ascenseur, l’appela, une fois arrivé, ils montèrent au 15e étage, lorsque les portes de l’ascenseur s’ouvrirent, le vigile les emmenèrent au bureau de Miss ANDRÉA, une fois arrivé devant la porte, Luce ordonna au vigile de redescendre au rez-de-chaussée à fin de rejoindre son collègue.
Maintenant que Luce et Cody étaient seuls, ils pénétrèrent, sans toquer, dans le bureau de Miss ANDRÉA, qui les accueillit, sans surprise, comme si elle attendait leurs venues.
_ Mademoiselle CYPHER, bonsoir, entrez voyons, je vous laisse vous asseoir, Monsieur IVANOV, je ne vous attendais pas de sitôt.
Luce ne répondit même pas, elle s’assit sur le fauteuil et fit signe à Cody de s’asseoir aussi, ce qu’il fit aussitôt.
_ Conduisez-moi à Kira, et je vous laisse la vie sauve, dit Luce à Miss ANDRÉA.
_ Mademoiselle CYPHER, s’il vous plaît, pensiez-vous vraiment que vous pouvez me donner des ordres ? Nous ne sommes pas dans votre établissement miteux voyons.
_ Évidemment que je peux vous donner des ordres, vous m’obéirez comme un petit toutou si j’en éprouvai l’envie, lui répondit Luce.
_ Puisque vous ne voulez pas être plus compréhensive, je vais appeler la cavalerie, puis-je ? demanda miss ANDRÉA.
_ Bien entendu, faites donc, plus on est de fou, plus on rit, il parait, répondit Luce avec un joli sourire.
Miss ANDRÉA saisit son téléphone.
_ Envoyez moi, l’unité spéciale LUCIOLE. Ordonna Miss ANDRÉA dans son téléphone.
_ Euh… Luce… pourquoi, tu ne l’as pas arrêté avant qu’elle appelle la sécurité ? demanda Cody.
_ Eh bien, simplement car j’ai envie de faire joujou avec cette bitch, je vais lui montrer devant ses chiens qu’elle n’est rien du tout !
Pendant que Luce et Cody discutaient, l’unité spéciale LUCIOLE, que miss ANDRÉA avait demandée, était entrée dans la pièce, se positionnant derrière eux, n’attendant plus que les ordres de leur supérieur.
L’unité spéciale LUCIOLE, était composé de 7 personnes, d’après leurs silhouettes, on pouvait en conclure que ce sont des femmes, elles étaient habillées d’une combinaison moulante noire, un casque à la tête, elles portaient toutes une arme à feu, tenant Luce et Cody en joug.
_ Tout d’abord, un grand merci monsieur IVANOV, s’adressa Miss ANDRÉA à Cody.
_ Euh… pourquoi donc ? demanda Cody, étonné.
_ Pour m’avoir ramené mademoiselle CYPHER, ici voyons.
_ Non, mais, je ne travaille pas pour vous, je ne l’ai pas amenée ici, répondit Cody à miss ANDRÉA, avant de dire à Luce, j’te jure Luce, je ne travaille pas pour eux hein.
_ Que c’est touchant, il s’excuse auprès de sa maitresse, lança miss ANDRÉA à Cody.
_ Non, mais ça ne va pas ! s’écria Cody.
_ Elle t’a piégé Cody, elle savait très bien qu’en te relâchant, tu m’amènerais ici, que tu le veuilles ou non.
_ Bravo mademoiselle CYPHER, mes félicitations, vous êtes très perspicaces !
Luce fixa miss ANDRÉA, Cody compris que sa patronne allait utiliser son pouvoir sur Miss ANDRÉA, mais se posa la question, est-ce que Luce peut-elle utiliser son pouvoir sur 7 personnes à la fois, il est vrai que jusqu’à présent, Cody avait vu Luce utiliser son pouvoir sur une seule personne, ainsi un petit doute l’envahit, il commença à réfléchir le plus vite possible, essayant de trouver une solution à ses questions, si Luce utilise son pouvoir sur miss ANDRÉA, que va faire l’unité spéciale LUCIOLE, nous tirer dans le dos ? Est-ce qu’avec son pouvoir Luce peut-elle contrôler tout le monde en même temps ? pensa-t-il.
_ Taisez-vous ! ordonna Luce à Miss ANDRÉA.
_ Comment ? Vous dites ? Je vous l’ai déjà dit non ? Pensiez-vous pouvoir me donner des ordres ? sourit miss ANDRÉA.
_ Tais-toi ! cria Luce, mais rien à faire, son pouvoir ne fonctionnait pas cette fois-ci.
_ Mademoiselle CYPHER, ne vous fatiguez pas, votre pouvoir de persuasion ne fonctionnera pas sur moi, dit miss ANDRÉA avant de se lever.
Luce se leva, se tourna vers l’unité spéciale.
_ Arrêtez-la ! ordonna Luce.
Mais rien non plus, l’unité semblait elle aussi être immunisée contre le pouvoir de Luce.
_ Ni sur elles, reprit miss ANDRÉA après s’être fait couper la parole.
_ Luce… Luce… tu joues à quoi là ? Allez ! chuchota Cody.
_ Monsieur IVANOV, voyons, ne chuchotez pas, à cette distance je vous entends clairement, en plus de voir vos lèvres bouger, dit miss ANDRÉA à Cody, suivit d’un petit clin d’œil, mademoiselle CYPHER, ne vous fatiguez pas, ça fait déjà un petit moment que nous étudions votre fameux pouvoir de persuasion, nos équipes de recherches ont mis au point ces fameuses oreillettes, dit-elle en pointant son oreille droite, qui ont la particularité de filtrer votre voix du diable, à présent je n’entends que votre voix humaine et ne vous fatiguez pas non plus à essayer de corrompre l’équipe LUCIOLE, leurs casques sont dotés de ces oreillettes aussi.
_ Vous vous croyez dans un manga miss ANDRÉA ? demanda Cody.
_ Pardon ? Quel est le rapport avec une bande dessinée japonaise, Monsieur IVANONV ?
_ Déjà, pour commencer un manga n’est pas une bande dessinée, ce n’est pas pareil…
_ Monsieur IVANONV, s’il vous plait, venez-en au fait, mon temps est précieux contrairement au votre, l’interrompit miss ANDRÉA.
_ OK… c’est vrai, désolé… et bien… qu’allais-je dire… s’interrogea Cody en se grattant la tête, ah oui ! Ça me revient ! Alors, là où je voulais en venir… vous savez dans les mangas, les gens ils utilisent une superbe technique, et juste après ils éprouvent le besoin d’expliquer à leurs ennemies quelles techniques ils ont utilisées et le pire, c’est qu’ils expliquent même à l’ennemie comment leur technique fonctionne… moi si j’étais l’ennemie, j’aurai déjà trouvé une astuce pour contrer la technique… donc voilà pourquoi je trouve ça bête et inutile ; c’est comme ce que vous venez de faire ! À cause de ce que vous venez de nous dire, maintenant je sais exactement comment faire pour que le pouvoir de Luce fonctionne sur vous !
_ Et que comptez-vous faire, monsieur IVANOV ?
_ Eh bien, il suffit de vous retirer vos fameux bouchons d’oreilles filtreurs de voix du diable ou je ne sais quoi là… puis il se tourna vers Luce, pas vraie Luce hein ?
_ Tu as raison Cody, vas-y, va lui enlever ces oreillettes ! lui répondit Luce.
_ Mais en fait, je ne peux pas… j’viens de me rappeler qu’il y a l’équipe de meuf derrière nous qui nous tient en joug, répondit Cody.
_ Bah voilà, tu ouvres ta bouche pour ne rien dire d’intéressant Cody, toi tu te crois dans un manga aussi ? Tu lui donnes la solution que tu as trouvée pour contourner la faiblesse de sa technologie, maintenant elle sait comment faire, pour que tu l’empêches de retirer ses oreilles.
_ Ah bon ? Tu penses qu’elle va porter un casque débile comme celle de derrière ?
_ Je ne sais pas, mais si elle le fait, il faudrait qu’elle change de tenue, parce que ça ferait ridicule avec son complet, il faudrait qu’elle mette la combinaison qui va avec.
_ Bah… faut dire que leurs combinaisons sont ridicules aussi…
_ S’il vous plait, arrêter de faire comme si je n’étais pas présente… bien que Miss ANDRÉA leur adressait la parole, Luce et Cody étaient déjà rentrés dans un débat sans fin, elle finit par s’adresser à l’équipe LUCIOLE, conduisez-les en cellule.
L’unité LUCIOLE, saisit Luce et Cody, puis ils quittèrent la pièce, se dirigeant à présent vers un ascenseur, différent de celui que Luce et Cody avaient utilisé pour monter à l’étage, l’une des femmes de l’équipe LUCIOLE appuya sur le numéro -4 et l’ascenseur commença à descendre.
_ Hé Luce, dit Cody, tu penses que ce sont des femmes ? Parce que sérieux, elles ne parlent pas, ça se trouve ce sont des robots ou androïdes ou ne je ne sais quoi, peut-être pour ça que ton pouvoir ne fonctionne pas dessus hein ?
_ Non Cody, ce sont des femmes, je suis sûre à 100% de ce que je dis.
_ Mais Luce, comment peux-tu savoir que ce ne sont pas des machines ? Tu as vu comment elles ont obéi, comme de braves petits toutous, c’est dingue non ?
_ C’est un truc hiérarchique, étant ton supérieur, tu devrais être comme ça avec moi, toi et Kira, vous ne me respectez même pas, peut-être que je devrais vous laisser ici plus longtemps, pour qu’ils vous apprennent les bonnes manières, répondit Luce.
_ Luce, ça se trouve ce sont bien des femmes, mais ont leur a fait un lavage de cerveau et elles sont devenus des espèces de chien-zombi hyper obéissantes hein !
_ Pourquoi zombi ? Elle ne marche pas comme des zombis ?
_ Non, mais je dis zombi, genre elles n’ont pas de cerveau et font juste ce qu’on leur dit.
_ Donc ce serait des chiennes et non des zombis, les zombis eux, n’écoutent personnes, tu peux les manipuler qu’avec de la magie, ou avec la voix du diable, tandis que les chiennes ou chiens font ce que tu veux et remues la queue.
_ Les zombis existent vraiment ?
_ Bien sûr, Cody, ça existe…
Soudain, les portes de l’ascenseur s’ouvrirent, Luce et Cody étaient tellement concentrés sur le débat, qu’ils ne se sont même pas rendu compte que l’ascenseur était à l’arrêt, l’unité LUCIOLE leur donna de petits coups avec le canon de leurs armes pour faire signe à Luce et Cody de sortir.
Ils quittèrent l’ascenseur et marchèrent dans un long couloir, dont les murs étaient remplacés par des vitres, en tournant sa tête vers sa gauche, Cody put alors assister à une scène digne d’une séquence d’un film de science-fiction ou d’horreur.
Un homme habillait en blouse blanche, un masque cachant sa bouche, des lunettes de protection, de longs gants en plastique aux deux mains, avait une espèce de tronçonneuse aux mains et était en train de sectionner le bras d’un homme qui était accroché sur une table mis à la verticale ; le pauvre homme criait de toute ses forces, vomissant du sang, suppliant qu’on arrête de le charcuter ; Cody ne put s’empêcher de constater que le pauvre homme n’avait plus de jambes ni de bras, le dernier bras coupé fut jeté dans un grand saut bleu ; pendant que cette victime suppliait qu’on l’achève, l’homme en blouse blanche avait troqué sa tronçonneuse pour un tuyau d’arrosage et commença à nettoyer tout le sang qui était au sol ainsi que sa victime.
_ Voilà ce qu’ils font aux créatures de l’ombre, ceux qu’ils jugent coupables, finissent en expérience, non autorisée, expliqua Luce à Cody.
_ Mais… mais c’est horrible, que ce soit un humain ou un monstre, personne ne mérite de tel châtiment !
_ Ce n’est pas encore un monstre, regard, sur son cou, il y a une marque de morsure de vampire et ses canines sont d’une taille humaine, si c’était un vampire, il aurait déjà cicatrisé, on ne verrait plus les marques de morsures et surtout ses canines serait deux fois plus longues.
_ Quoi ? Mais c’est horrible ! C’est cruel !
_ Ouais ! Si tu le dis !
Soudain des coups de feu se firent entendre, Cody tourna sa tête vers la gauche, cherchant le son des détonations.
Il vit alors un laboratoire, dans lequel un loup-garou avait les quatre pattes attachées par des chaînes, des impacts de balles sur le corps, une mare de sang au sol, la créature semblait souffrir le martyre, elle gémissait tel un petit chiot qu’on maltraitait ; des hommes en blouses blanches, armés de diverses armes à feu, se trouvaient à l’autre bout de la salle et continuèrent à tirer sur le pauvre lycaon ; cette scène donna des haut-le-cœur à Cody.
_ Putain ! Mais ce sont des malades ! Qu’est-ce qu’ils font ? s’écria Cody.
_ Je pense qu’ils font des tests de munitions sur le lycaon.
_ Des tests de munitions ? demanda Cody.
_ Oui oui, des tests, des balles normales ne suffisent pas à venir à bout des lycaons, il faut utiliser des balles en argent, à mon avis ils doivent tester des munitions anti-lycaon fraichement sorti de leur usine de fabrication illégale.
Alors que Luce et Cody s’étaient arrêtés pour observer ce qui se passait dans les laboratoires, l’unité LUCIOLE leur fit signe à nouveau de reprendre la route.
Ainsi Luce et Cody continuèrent leur chemin, escortés par l’unité LUCIOLE, pendant le trajet, dans ce couloir, Cody put assister à plusieurs séances de tests, à l’allure de torture, sur d’autres monstres nocturnes.
Après quelques minutes de marches, ils s’arrêtèrent dans le couloir, devant une grande salle blanche, dans laquelle, il y avait une petite cellule, de forme cylindrique, 5 des femmes de l’unité LUCIOLE, escortèrent Luce à l’intérieur, tandis que les 2 autres reprirent la route avec Cody.
Les 2 femmes et Cody, reprirent l’ascenseur, mais cette fois-ci ils montèrent à l’étage -2 et marchèrent dans le couloir pour atteindre la cellule de Cody, bon, elles ne sont plus que deux, puisque ce sont des femmes, je ne devrais pas trop avoir de mal à m’en sortir, pensa Cody.
Avec un mouvement rapide, Cody se retourna, lançant son poing à toute vitesse vers la tête d’une femme, mais celle-ci l’esquiva sans trop de difficulté, l’autre saisit l’opportunité et frappa Cody d’un grand coup de crosse ; il tomba au sol, à moitié dans les vapes, il se laissa traîné par les deux femmes et se fit jeter dans une cellule, merde, c’est la même pièce que la fois dernière, pensa-t-il.
6.
29 mai 2018 - 18h43 - au CENTRE.
Cody était dans sa cellule, allongé au sol, en train de se remettre du coup qu’il avait reçu en pleine tête quelques minutes plus tôt. Il se força à se relever, s’asseyant sur le lit à disposition. Comme à son habitude il commença à se poser des tas de questions existentielles, remettant en cause l’humanité, ainsi que le monde dans lequel il vivait, quand soudain une voix apparu depuis la porte de sa cellule.
_ Cody… Cody… Cody… par ici… Cody…
Reconnaissant cette voix, il leva la tête vers la porte, c’est alors qu’il vit la créature affreuse qu’il avait déjà vu quelques heures plus tôt, merde, mais c’est le monstre qu’il y avait chez moi, pensa-t-il. Mais cette fois-ci, la créature avait des bras, c’est alors que Cody se rendit compte que ce n’était pas la deuxième fois qu’il voyait ce monstre, mais, la troisième fois, merde, pas possible, la nuit de la mort de Hyuna, c’était cette créature que j’ai entre-aperçus derrière l’arbre, mais cette fois-là elle n’avait pas de bras ni de jambes. Cody comprit que la créature évoluait depuis la première fois qu’il l’avait vu, à présent elle se rapprochait plus de l’humain que de la bête rampante qu’il avait vue la première fois. Mais plus surprenant encore, Cody constata une chose, la dernière fois, la bestiole avait disparu au contact de la lumière et à présent, elle peut la supporter, remarqua-t-il.
La créature se rapprocha de Cody, lui faisant signe de se rapprocher d’elle, mais par peur ou par dégoût, il recula.
_ Mais tu me veux quoi la bestiole ? questionna Cody.
_ Cody… Cody… je… vais… t’aider ! répondit la créature.
_ Putain ! Mais t’es quoi ! Et comment ça tu vas m’aider ? interrogea Cody.
La créature passa au travers la porte, puis Cody entendit un grésillement, le même que celui qu’on entend lorsqu’un matériel électronique rentre en court-circuit, puis la porte de sa cellule s’ouvrit.
Cody n’en croyait pas ses yeux, putain de bestiole, elle m’a fait sortir de là ! pensa-t-il, avant de s’approcher de la porte, il sortit sa tête furtivement, regardant de gauche à droite pour voir si la voix était libre, il remarqua alors des caméras de sécurité qui pivotait à 180°, il se cacha à nouveau ; la créature devina ce qui tracassait Cody, elle s’approcha de la caméra et la traversa de sa main, ainsi que la caméra grilla en un instant ; elle revint voir Cody et lui fit signe de sortir, Cody sortit sa tête à nouveau pour vérifier, et se rendit compte que le champ était enfin libre ; il prit son courage à deux mains et passa la porte.
Il constata que le verrou électronique de la cellule était grillé, de la fumée en sortait même, bon, faut pas que je me fasse choper, puis une idée lui vint en tête, bon, si je ferme la porte, ils verront que du feu.
_ Cody… suis-moi… je vais… te sortir… de là… lui dit le monstre.
Mais Cody n’était pas d’accord.
_ Non ! lui dit-il fermement, puis, il se souvint de ce que l’agent GILES avait dit aux scientifiques du laboratoire, emmène-moi récupérer les gants de combat, j’en aurai besoin pour m’aider à sauver Kira et Luce, OK ? demanda Cody à la créature.
_ Cody… non… oublie-les… répondit la créature.
_ Comment ça non ? s’écria Cody, il n’y a pas de non qui tienne, tu m’emmènes chercher mes armes et je vais sauver mes amies ! Est-ce clair ? dit-il en haussant le ton.
_ Cody… d’accord… je vais… te montrer… le chemin…
_ OK, super le monstre, tu gères !
Après leur petite discussion, Cody suivit son nouvel ami, le monstre, qui l’accompagna pour rejoindre l’armurerie.
_ Dis-moi, tu connais le chemin au moins ? demanda Cody.
_ Oui… je… connais…
_ Comment se fait-il que tu connaisses ?
_ Je… suis… déjà… venu ici… Cody…
Étant perdu, Cody, n’avait autre choix que de faire confiance à cette créature.
_ Bon, OK, je vais essayer de te croire, ce n’est pas comme si j’avais le choix, hein, lui répondit Cody suivit d’un clin d’œil et d’un sourire, apparemment il avait déjà adopté la créature.
_ Merci… Cody…
Arrivé au bout du couloir, ils prirent l’ascenseur, descendirent à l’étage -6, une fois arrivé à destination, ils sortirent de l’ascenseur et marchèrent dans le couloir ; Cody aperçut une caméra de sécurité, le monstre comprit son rôle, et aussitôt, il alla s’occuper des appareils de surveillance ; à présent Cody pouvait être tranquille.
Cody se retrouva une fois de plus dans un couloir recouvert de vitre, le laissant admirer les laboratoires qui l’entouraient, mais contrairement à l’étage -4, ces pièces n’étaient pas pourvues d’appareil médical, mais plutôt d’ordinateur ; les laboratoires étaient vides, personne ne s’y trouvait.
Cody remarqua deux pièces face à face, qui contrairement aux autres, celles-ci étaient recouvertes de murs et non de vitres ; les portes d’entrée n’étant pas des portes vitrées, mais plutôt des portes épaisses et en métal, à hauteur d’un mètre soixante, il y avait une petite vitre, pour permettre aux personnels de surveiller au besoin, l’intérieur de la pièce.
_ Tu sais ce qu’ils font à l’intérieur ? demanda Cody.
_ Non… mais… ne reste… pas… à côté… lui répondit la créature.
Quand soudain des bruits de pas se firent entendre.
_ Merde ! Il y a encore des gens ici ? S’interrogea Cody.
_ Je… vais… voir… dis la créature en allant vers l’endroit d’où provenaient les voix.
_ Non… attends… chuchota Cody, ils vont te voir… hé ho…
Mais ça n’arrêta pas la créature, qui soudainement devint invisible, 5 secondes plus tard, elle revint.
_ Ce… sont… des… gardes… armés… ils approchent… lui dit la créature.
Cody paniqua, il se demandait bien où il pourrait se cacher puisque toutes les pièces étaient visibles, à cause des murs en verre, il n’y avait qu’un choix possible, l’une de ces deux pièces qui semblait blindées, refermées par des portes épaisses, merde ! j’fais quoi ? J’vais dedans ? Ces pièces ne m’inspirent pas… pensa-t-il.
_ Vas-y refait ton truc là pour griller le verrou de la porte, ordonna Cody.
_ Non… trop… dangereux… Cody… li répondit la créature.
Le son des pas devint de plus en plus audible, au loin, à l’angle, Cody commençait même à voir les ombres des deux hommes armés, qui s’approchaient.
_ Dépêche-toi merde ! insista Cody.
La créature, à contrecœur, pénétra sa main dans le verrou électronique, créant un court-circuit, la porte de droite s’entre ouvrit aussitôt et Cody pénétra à toute vitesse dans la pièce, la refermant derrière lui.
Cody entendait les pas qui s’approchaient de plus en plus, il se positionna à gauche de la porte et se mit dos au mur, au cas ou les gardes eurent l’idée de vérifier, par le biais de la petite vitre, l’état de la salle blindée.
Lorsque les gardes passèrent, Cody était même en apnée, il savait bien que la moindre erreur lui serait fatale, alors il était hors de question de faire un quelconque bruit.
Une fois que le bruit des pas s’éloignait de la porte, Cody se permit de regarder par la petite fenêtre et aperçut les gardes continuer leur chemin, il attendu quelques secondes et décida de quitter la pièce, mais à sa grande surprise, la pièce était à nouveau verrouillée.
Il jeta un coup d’œil et vit la créature de l’autre côté de la pièce.
_ Refait ton truc s’il te plaît, faut que je sors d’ici, demanda Cody à son amie la créature, mais il sentit une sensation bizarre et remarqua les poils de ses bras se redresser, qu’est-ce qui se passe ? Se demanda-t-il, avant de se tourner vers le centre de la pièce.
Des petits arcs électriques apparaissaient sur les 4 murs, ainsi qu’au sol et au plafond, puis devinrent des éclairs qui traverser la pièce, passant d’un mur à un autre, la salle commença à s’illuminer davantage.
Cody commençait à voir les éclairs passés autour de lui, au ralenti, puis il vit sa vie défilée, par réflexe, il leva ses bras, les croisant devant sa tête, comme pour se protéger, serra les dents et ferma ses yeux.
À présent les éclairs traversèrent le corps de Cody, la salle qui était, à la base, peu éclairée, s’illumina de mille feux.
Depuis le couloir, on pouvait voir une grande lumière sortir par la petite vitre de la porte, puis soudain, elle disparut.
À l’intérieur, Cody avait ses bras croisés, ses yeux fermés, puis finalement il décida d’ouvrir les yeux et remarqua que la salle était redevenue comme avant, avec très peu de lumière ; avec ses mains, il commença à toucher différentes parties de son corps, comme pour contrôler si tout était bien là, puis pour finir, il mit la main dans pantalon, sans doute pour vérifier si Popol était toujours présent, puis un petit sourire apparut sur son visage.
Il se précipita vers la porte, puis remarqua qu’elle était entre-ouverte, il se dépêcha de l’ouvrir complètement, quitta la pièce, claquant la porte derrière lui, et enfin il put souffler.
_ Cody… ça… va… ? demanda la créature, qui fit sursauter Cody.
_ Ça va, ça va… merci de m’avoir sortie de là ! Mais sais-tu ce qui s’est passé ? demanda Cody à la créature, qui hocha la tête de gauche à droite pour dire non, bon, ce n’est pas grave, à présent, emmène-moi récupérer les gants s’il te plait.
_ Oui… Cody… suis… moi… lui dit la créature.
Ils continuèrent leur chemin, après être passés devant 5 laboratoires, la créature indiqua le sixième laboratoire.
_ C’est là-dedans ? demanda Cody, puis en scrutant la pièce, il trouva ses gants, qui étaient posés dans un petit caisson de verre.
Ils pénétrèrent dans la pièce, Cody alla directement au caisson en verre, remarquant que plusieurs sondes étaient branchées sur les gants ; il trouva le bouton open, appuya dessus, le caisson s’ouvrit, lui donnant l’accès au contenu, il attrapa ses gants, arracha les sondes qui étaient dessus et aussitôt il les enfila sur ses mains ; son sourire lui revint au visage, il se tourna vers la créature et lui fit un clin d’œil pour le remercier.
_ Je… sais… où… est… Kira… il… faut… se… dé… pê… cher… s’adressa le monstre à Cody.
_ Allez, on y va ! répondit Cody, allons sauver Kira et Luce, dit-il avant de récupérer le gantelet, le katana et les 2 armes de poings de Kira.
Cody et sa créature se précipitèrent dans l’ascenseur.
_ Kira… est… à… l’é… tage… moins… trois… dit la créature.
_ OK, ça marche, dit Cody en appuyant sur le bouton -3 de l’ascenseur ; une fois arrivés à l’étage, ils se précipitèrent vers la cellule de Kira.
_ T’es sûre que c’est par là ? demanda Cody à la créature.
_ Oui… lui répondit-elle.
Mais soudainement des voix se firent entendre.
_ T’es sûre qu’il faut refaire les tests maintenant ?
_ Bien sûr ! C’est l’heure de la torturer !
_ Mais, elle va y rester si on continue !
_ On s’enfiche, ce n’est pas notre problème !
Les deux individus saisirent Kira, par les bras et la soulevèrent.
_ Réveille-toi sale vampire !
Les deux hommes étaient concentrés sur Kira, ils n’avaient pas remarqué la présence de Cody derrière eux ; lorsque Cody vit l’état dans lequel Kira était, il fut submergé par la rage ; jugeant le moment opportun pour frapper, d’un coup sec et violent, Cody frappa l’un des deux gardes à la tête, celui-ci tomba, se heurtant la tête contre le cadre du lit ; l’autre, prit de panique, relâcha Kira et essaya de fuir, mais, Cody l’attrapa et le saisit au cou avec une clé de jiu-jitsu, il resserra son emprise jusqu’à que le garde s’évanouisse ; une fois le type évanoui, Cody le posa à terre.
Cody se trouvait enfin devant le corps meurtri de Kira, elle avait les artères radiales et fémorales de sectionnées, le corps quasiment vidé de son sang, elle était inconsciente, Cody saisit sa tête et essaya de la réveiller.
_ Kira ! Kira ! C’est moi ! Cody ! s’écria-t-il.
Bien que Kira était très faible, elle avait entre-ouvert ses yeux, reconnaissant Cody.
_ Cody ? demanda-t-elle avec une voix très basse.
C’était la première fois que Cody voyait Kira ainsi, elle qui avait l’habitude de se montrer plutôt forte et féroce, cette fois-ci, était totalement affaiblie, épuisée, à bout de souffle, entre la vie et la mort.
_ Kira ! Dis-moi ! J’dois faire quoi pour te remettre sur pieds ? Kira ! cria Cody.
_ Du sang… répondit Kira avant de s’évanouir.
_ Quoi ? s’étonna Cody. Mais elle veut que je trouve ça où ? se demanda-t-il, puis il eut un déclic, tourna sa tête vers l’un des gardes qui était au sol, mais ça va pas ! Je ne peux pas faire ça ! s’exclama Cody. Il ne savait plus quoi faire, il était perdu, qu’il laisse Kira mourir ou qu’il la sauve en sacrifiant un des gardes, dans les deux cas, une vie serait perdue, le choix était tout aussi cruel, il était indécis, mais il ne lui restait plus beaucoup de temps pour faire un choix, il sentait la respiration de Kira se ralentir de plus en plus. Putain ! s’écria-t-il, puis finalement, il se rappela de Hyuna se suicidant, c’est ma faute, si j’avais tué ce Momo, Hyuna ne se serait pas suicidée, tout ça parce que j’ai flippé, j’ai donc fait un choix merdique, Cody, arrêta de réfléchir et fit son choix, il décida de se salir les mains une fois de plus, il dégaina le katana de Kira.
_ Non… Cody… ne… fait… pas… ça… intervint la créature.
_ Quoi ? Tu crois que j’ai le choix peut-être ? À cause de moi Hyuna est morte, et maintenant ça va être Kira et ensuite ça sera qui ? Luce ? Non ! Dans la vie il faut se salir les mains ! Et aujourd’hui, je l’apprends à mes dépens ! Hyuna est morte à cause de moi ! Je ne veux pas perdre Kira ! Je ne veux plus perdre les gens que j’aime ! cria Cody.
Puis d’un coup rapide avec son katana, il transperça le cœur d’un garde, ensuite il lui ouvrit l’artère radiale et finit par poser le poignet du cadavre sur la bouche entre-ouverte de Kira.
Le sang coula dans la bouche de Kira, même inconsciente, son instinct de survie était éveillé, au bout de 5 secondes Kira reprit ses esprits, à présent elle saisit le bras du garde et aspira son nectar rouge de plus en plus fort ; au bout de 20 secondes, les plaies qu’elle avait aux bras et aux jambes commencèrent à disparaître ; 1 minute plus tard, une partie de sa force lui était revenue, elle saisit le type, le souleva pour le plaquer contre le lit, puis elle sorties ses longues canines de vampire et les planta dans la carotide du garde, le vidant totalement du reste de son sang ; après s’être alimenté, Kira se releva, se tournant vers Cody.
_ Tu es revenu seul ? demanda Kira.
_ Euh… non… avec Luce… mais… ils l’ont capturé… répondit Cody en baissant les yeux.
_ D’accord ! Répondit Kira, puis se tourna vers Cody, merci d’être revenu me chercher.
_ On va faire quoi maintenant ? demanda Cody, on va chercher Luce ?
_ Non, elle va se débrouiller toute seule ! répondit Kira d’un ton sec.
_ Quoi ? Mais t’es sérieuse là ? Son pouvoir ne fonctionne plus !
_ Et alors ? Elle se débrouille ! On a plus important à gérer ! s’écria Kira.
_ Euh… tu m’expliques là ? Demanda Cody, perplexe, qu’est-ce qu’il y a de plus important que le sauvetage de Luce ? s’écria-t-il.
_ La créature qu’on a rencontrée la nuit dernière…
_ Et bien quoi ? Qu’est-ce qu’elle a la créature ?
_ Où est son oeil ?
_ Le Centre me l’a prise.
_ Tu sais où ils l’ont rangé ?
_ Non !
_ Et, merde !
_ Attends, peut-être que mon pote le sait lui ? S’interrogea Cody.
Kira ne voyait personne d’autre à part Cody, le garde assommé, et le cadavre.
_ Euh… quel pote ?
_ Hé ! Mon pote la bestiole ! Montre-toi s’il te plait.
_ Mais à qui tu parles Cody ? demanda Kira.
Puis, sous ses yeux, la créature apparut au côté de Cody.
_ Pourquoi tu te trimballes un fantôme avec toi ? demanda Kira.
_ C’est un fantôme ?
_ Bah oui, ça ne se voit pas ?
_ Bah non… fin bref… en fait… c’est ce fantôme qui me suit partout… je ne sais pas qui c’est… et c’est lui qui m’a aidé à m’évader…
_ OK, dit Kira, puis elle s’adressa au fantôme, hé, toi, le fantôme, tu sais où est l’œil qu’ils ont piqué à Cody ?
_ Non… non… répondit la créature.
_ Attends, ce n’est pas possible… si tu as su où trouver mes gants, tu dois sûrement savoir où ils ont entreposé l’œil, non ? demanda Cody.
_ Non… Cody…
_ Non, tu mens ! s’écria Cody, tu sais ce qui se passe ici, c’est comme quand tu m’as interdit de rentrer dans cette pièce blindée, je ne sais pas qui tu es, mais dis-moi ou est l’œil s’il te plait !
Le fantôme versa une larme.
_ T’es content du con ? Tu l’as fait pleurer ! s’écria Kira.
_ Mais ça pleure un fantôme ? s’étonna Cody.
_ Bah regarde-le ! Dit Kira en désignant le fantôme, puis elle s’adressa au fantôme, s’il te plait, dis-nous ou est l’œil, avec toutes les expériences qu’ils font ici, j’ai peur qu’ils fassent des conneries avec.
_ L’œil… est… au… labo… ra… toire… du… ni… veau… moins… six… répondit le fantôme.
_ Quoi ? Mais on y était tout à l’heure ! Pourquoi tu ne me l’avais pas dit ? cria Cody.
_ Oh ! T’arrêtes de lui crier dessus ! Après il va encore pleurer ! C’est ta faute ! Tu n’avais même pas pensé à l’œil ! Le fantôme ne peut pas lire dans ta tête ! cria Kira sur Cody.
Cody reconnut son erreur et demanda pardon au fantôme qui avait l’aire de plutôt accepter ses excuses.
_ Kira, allons au -6 pour récupérer l’œil et après on sauve Luce ! s’écria Cody.
_ Non ! Avant ça on va libérer un type qui se trouve dans une cellule pas loin, dit Kira en pointant du doigt une porte.
Kira, Cody et le fantôme, se dirigèrent vers la porte en question, une fois arrivée devant la porte, Kira sortie son katana et découpa la serrure, la porte était enfin ouverte, à l’intérieur, sur le lit, se trouvait un homme amaigrit, on voyait presque ses os, il était inconscient.
_ Il est mort ? demanda Cody.
_ Non, j’entends son cœur battre et sa faible respiration.
_ On le réveil comment ?
_ On ne le réveil pas, il n’est pas en état de marcher.
_ Bah on fait quoi ?
_ Tu le portes sur ton dos et on y va. Ordonna Kira.
_ Mais pourquoi ? Attends, on ne va pas sauver Luce, mais on doit récupérer l’œil et maintenant on prend ce type bizarre avec nous ? Tu considères qu’il est plus important que l’œil qui est plus important que Luce ? On ne le connait même pas !
_ Cody ! Tu as vu ce qui se passe ici ? Tu veux vraiment laisser ce type dans cet endroit ? Tu veux vraiment laisser ces scientifiques faire des expériences bizarres sur cet œil et leur laisser une chance de reproduire un monstre similaire ?
_ Non ! Mais… Luce… ?
_ Luce sait se débrouiller ! Allez, faut pas qu’on perde trop de temps ! On va au -6 récupérer l’œil, c’est la priorité, une fois qu’on l’aura, on pourra envisager d’aller récupérer Luce, ça te va ?
_ Ouais… on fait comme ça.
Ainsi, accompagné de Kira, du fantôme et du jeune inconnu, Cody prit l’ascenseur pour aller à l’étage -6 ; une fois arrivé, le fantôme les conduisit au laboratoire et ils purent récupérer l’œil.
À présent, il était temps de récupérer Luce et de déguerpir ; mais sur le chemin du retour, ils croisèrent les 2 gardes de l’étage qui patrouillaient ; les 2 types ouvrirent le feu sur les prisonniers ; Cody, qui portait le jeune homme, se réfugia derrière un bureau situé dans un laboratoire, Kira, elle, s’était caché derrière un meuble et fit signe à Cody de ne pas bouger.
Lorsque les deux gardes s’arrêtèrent de tirer, sans doute pour recharger leurs armes, Kira sortit de sa cachette, s’avançant dans leur direction ; soudain, l’un d’eux sortit de son abri et tira sur Kira, qui, grâce à ses réflexes surhumains, anticipa les mouvements du type et esquiva les balles ; arrivé face à lui, elle le désarma d’un coup de pied, enchaina un deuxième sur le visage du type le mettant KO ; le deuxième homme, apparu à son tour, la mettant en joug ; elle esquiva la balle, saisit l’arme à feu du type et le retourna contre lui ; le garde, sous la peur, leva les mains pour faire signe qu’il se rendait, Kira lui donna un grand coup de crosse à la tête, le laissant, à présent inconscient, tombé au sol.
Le passage étant dégagé, elle appela son coéquipier.
_ Cody ! Ramène-toi ! On y va !
Cody se leva, porta l’inconnu sur son dos, rejoignit Kira à l’ascenseur et une fois à l’intérieur, elle appuya sur le bouton RDC.
_ Quoi ? Mais Luce est au -4 ! s’exclama Cody.
_ Il y a eu des coups de feu ! La cavalerie ne va pas tarder à arriver !
_ Oui, mais Luce ?
_ J’te l’ai dit, elle va se débrouiller !
Une fois arrivées au rez-de-chaussée, les portes de l’ascenseur s’ouvrirent ; Kira remarqua que le lieu était désert, mais elle se décida tout de même à sortir de l’ascenseur, s’avançant dans le hall ; bien qu’elle ait les sens plus développés qu’un humain, elle ne sentait aucune odeur particulière, aucun bruit et ne sentait aucune présence ; elle fit donc signe à Cody et à son ami le fantôme de la rejoindre ; mais soudainement, elle se mit à crier “ reste caché ! C’est une embuscade !! ” ; Cody rebroussa chemin, il appuya sur un bouton pour bloquer l’ascenseur au rez-de-chaussée, posa l’inconnu dans le coin de l’ascenseur et lui dans l’autre coin, observait Kira.
_ Kira ! T’es sûre qu’il y a quelqu’un ? Demanda Cody, puis il vit l’unité LUCIOLE apparaître lentement autour de Kira, merde, elles ont des camouflages optiques.
Six femmes étaient positionnées autour de Kira, les armes pointées vers elle, sans parler, l’une d’entre elles s’avança d’un pas, et elle fit un geste avec son arme pour faire comprendre à Kira de déposer les siennes.
Cody, caché dans l’ascenseur, observait la scène, c’est alors qu’il remarqua une distorsion de l’espace devant lui, et merde ! C’est vrai ! Elles sont 7 ! se dit-il, au même moment la septième femme était apparue devant lui, son arme pointait sur la tête de Cody.
Kira était prise au piège, que pouvait-elle faire, elles étaient trop nombreuses autour d’elle, qu’elle utilise ses armes de poings ou son katana, elle n’aurait même pas le temps de saisir une de ses armes, qu’elle se ferait abattre.
C’est à ce moment-là qu’une chose étrange se produisit, les bras de la femme qui avait fait signe à Kira de déposer les siennes, commencèrent à trembler, laissant son arme tomber, son corps commença à se tortiller dans tous les sens, telle une marionnette désarticulée ; puis, soudain, deux bras énormes, rouge sang, sortirent du corps de la femme ; le buste de la femme se déchira en deux, laissant un monstre sans pattes inférieur en sortir.
En voyant se monstre, Kira comprit qu’elle avait à faire au même type de créature que celle qu’elle avait affrontée la nuit dernière et en conclut que si elle avait raison, possédant un pouvoir de guérison instantanée, cette bestiole qui rampait actuellement au sol allait très bientôt être pourvu de pattes inférieures.
Kira dégaina ses armes et commença à tirer sur le monstre, bien qu’il n’avait pas de pattes arrière, il réussit tout de même à esquiver et se jeta sur une des femmes de l’unité LUCIOLE, la déchiquetant à coups de griffes.
L’unité LUCIOLE, ne se laissa pas faire et commença à lui tirer dessus, mais les balles rebondissaient sur la carapace épaisse du monstre.
7.
29 mai 2018 - 19h32 - au CENTRE.
Miss ANDREA avait rejoint Luce dans le laboratoire dans lequel l’unité LUCIOLE l’avait laissé ; derrière sa cellule de verre blindée, Luce posait des questions à sa geôlière.
_ Pourquoi me gardait enfermé ici ? demanda Luce.
_ Pour vous étudier, voyons ? répondit Miss ANDRÉA.
_ Pourquoi m’étudier, moi ? Kira ? Et les autres créatures nocturnes ?
_ Simplement, pour vous connaître davantage voyons.
_ La Nation Mère est-elle au courant de vos petites activités secrètes ?
_ Bien sûr que non, mademoiselle CYPHER.
_ Quand votre organisation l’apprendra, je ne donne pas cher de votre peau.
_ Mademoiselle CYPHER, savez-vous pourquoi je réponds à toutes vos questions depuis tout à l’heure ?
_ Bien sûr que oui, vous êtes persuadé que je ne sortirai jamais d’ici.
_ Très perspicace et même si par je ne sais quel miracle vous vous en sortiez, vous n’avez aucune preuve à avancer.
_ Vous êtes bien sûr de vous Miss ANDRÉA.
_ Toujours ! C’est le secret de ma réussite !
_ Celui de votre perte plutôt. Dis Luce en ricanant.
Soudainement, une violente sonnerie retentit, suivie d’un message tournant en boucle “ Menace de niveau inconnu détecté ! Veuillez rejoindre les abris spécialisés ! ” ; Miss ANDREA saisit son smartphone, le sourire aux lèvres lança une application et aussitôt elle sut d’où venait la menace.
_ Ha ha ha ha ! Super ! Il est pour moi celui-là ! s’écria miss ANDRÉA.
_ Et qu’allez-vous faire ? demanda Luce.
_ Le capturer pardi ! répondit Miss ANDREA, avant de crier, unité GOLIATH ! EN AVANT !!
Après avoir hurlé, une équipe de 8 hommes habillés en combinaison noire apparurent de nulle part.
_ Vous avez des camouflages optiques ? demanda Luce.
Mais miss ANDRÉA ignora complètement la question de Luce.
_ À tout de suite mademoiselle CYPHER, dit-elle avant de quitter la pièce accompagnée de son escadron GOLIATH.
L’ascenseur étant bloqué au rez-de-chaussée, Miss ANDREA accompagnait de son unité spéciale, remontèrent en utilisant les escaliers ; lorsqu’ils arrivèrent, ils se rendirent compte qu’il y avait du sang partout, des cadavres de l’unité LUCIOLE étaient éparpillés dans les quatre coins du hall d’entrée, ainsi que ceux d’autres personnes, démembrés, déchiquetés, coupés en deux, certains étaient même réduits en cendre.
Miss ANDREA remarqua Kira et Cody qui se battaient, accompagnés de 2 rescapées de l’unité LUCIOLE, contre un monstre mesurant près de 2,50m ; un sourire en coin, sûre de l’efficacité de son unité GOLIATH, elle les envoya au combat.
Contrairement à l’unité LUCIOLE, les soldats de la GOLIATH étaient équipés d’armes à feu de différents calibres.
Deux soldats se positionnèrent à distance, leurs fusils de précision dirigés sur le monstre, deux autres à mi-chemin le mirent en joug avec leurs fusils d’assaut et deux autres, dotés de fusil à pompes pointées vers la créature, s’en rapprochèrent le plus possible ; arrivée à bonne distance, ils commencèrent à ouvrir le feu, malgré que Kira, ainsi que leurs collègues de l’unité LUCIOLE étaient dans leurs lignes de mir.
Bien que l’unité GOLIATH avait ouvert le feu sur l’ennemi commun, Kira continua son assaut au katana, tailladant le cuir épais du monstre ; mais, celui-ci réussit à l’attraper et la projeta sur Cody, armé des armes de sa coéquipière ; le monstre continua son attaque et en un geste il réussit à déchiqueté l’une des deux survivantes de l’unité LUCIOLE, laissant la dernière, à bout de force tombée au sol ; d’une main, il l’attrapa et la ramena vers sa gueule, comme pour la bouffer ; mais Kira fit un bon et d’un geste rapide elle lui trancha le bras en deux, la dernière LUCIOLE était sauve ; avec ses deux armes, Cody tira de grosses rafales, que le monstre avait du mal à encaisser ; malgré ses blessures, la bestiole s’avança vers Cody ; mais les deux tireurs d’élite de la GOLIATH lui collèrent deux balles à la gueule, lui crevant les deux yeux ; même pour un monstre, la douleur était grande, on l’entendait hurler ; 4 soldats de la GOLIATH, armés de leurs fusils d’assaut et fusils à pompe, ouvrirent le feu en faisant bien attention de garder leurs distances ; même avec les yeux crevés, cette créature essayait quand même d’attraper Cody, c’était comme si elle avait mémorisé sa position ; Cody continua à appuyer sur la gâchette, mais ses deux armes étaient en surcharge, il devait attendre qu’elles refroidissent, alors que le bras du monstre continuait son avancée ; Kira qui avait fini de mettre la dernière LUCIOLE à l’abri revint à l’assaut pour aider son collègue ; elle se rua sur son ennemie tout en évitant les balles perdues de l’unité GOLIATH, avec son katana, elle trancha les deux genoux du monstre ainsi que le bras qui essayait d’attraper Cody ; après cette action, elle rengaina son arme et aida Cody, qui était blessé à la jambe, à se relever et se cacher derrière un pilier.
Miss ANDRÉA qui était au loin et observait la scène de combat ; jugeant le moment opportun, dans le plus grand des calmes, se mit à donner un ordre “ maintenant ” ; à cet instant précis les 2 GOLIATH qui avaient disparu avant l’assaut, apparurent à la gauche et droite du monstre, avec deux armes complètement différentes de celles de leurs camarades ; lorsqu’ils appuyèrent sur la gâchette, des ondes de choc en sortirent, paralysant leur cible ; le monstre pris au piège entre ces 2 ondes commençait à se faire écraser de plus en plus ; le cri qui sortait de la gueule du monstre était affreux, tellement violent qu’il pouvait même percer un tympan ; par réflexe, Cody se boucha les oreilles avec ses index ; bien que Miss ANDRÉA avait du sang qui couler des oreilles, elle restait debout comme si de rien n’était, heureusement qu’elle avait ses oreillettes qui atténuaient ce son inaudible ; soudain, le corps du monstre, ainsi que ses 2 bras coupés, se mit à briller tel un soleil ; le fantôme qui suivait Cody partout se rua vers lui, s’interposant entre Cody et le monstre ; Kira par réflexe croisa ses bras devant son visage, comme pour se protéger ; puis, le monstre explosa, relâchant une onde de choc énorme.
Lorsque Cody ouvrit ses yeux, le fantôme qui l’avait protégé se tenait debout, les bras écartés tournaient dans sa direction.
_ Hé ! Le fantôme ! Ça va ? demanda Cody, tout en se levant.
_ Cody… Cody… je… suis… dé… so… lé… répondit le fantôme en se désintégrant.
Bien qu’il ne connaisse pas ce fantôme, Cody eut beaucoup de peine lorsqu’il le vit se désintégrer ; mais il n’avait pas le temps de pleurer son nouvel ami ; lorsque celui-ci disparut, Cody pouvait voir le corps du monstre, debout, mais complètement carbonisé; par réflexe, ou plutôt, par peur, Cody leva ses deux armes vers la bestiole, le gardant en joug ; puis la créature vola en poussière sous les yeux de Cody.
Grâce à son intervention, le fantôme avait réussi à sauver Cody, les deux types qui avaient piégé le monstre, étaient réduits, eux, en cendre ; les 4 autres, armés de fusils d’assaut et de fusil à pompes, qui étaient un peu plus en retrait, étaient à présent en petits morceaux, éparpillés dans tout le hall ; Kira, elle, était inconsciente au sol, le bras gauche complètement cramé.
_ Kira ! Kira ! s’écria Cody.
Kira reprit conscience petit à petit.
_ Putain, si je n’avais pas activé le bouclier énergétique de mon gantelet, je serai morte! Répondit Kira en se relevant, puis elle tournait la tête comme si elle cherchait quelque chose, où est passé le fantôme ? demanda-t-elle.
_ Il s’est sacrifié pour me sauver…
_ Oh t’inquiètes, ton fantôme n’est pas mort, lui dit Kira.
_ Mais… mais… je l’ai vu se désintégrer ! s’écria Cody.
_ Ah bon ? T’es sérieux ? Alors c’est plus grave que ce que je pensais ! s’exclama Kira, l’œil ! L’œil ! Où est-il ?
_ Il est là, répondit Cody, en sortant l’œil de sa poche pour le montrer à Kira.
_ Qu’est-ce qui est plus grave que…
Alors que Cody était en train de poser sa question, une voix l’interrompit.
_ Je pensais capturer ce monstre pour l’étudier ! Mais apparemment il s’est désintégré ! Heureusement que vous avez toujours mon œil !
Kira et Cody se retournèrent, ils purent constater que Miss ANDREA était toujours debout, blessé par l’onde de choc, mais pas assez apparemment ; elle n’était pas seule, les 2 types de l’unité GOLIATH, ceux aux armes de précision, étaient là; eux aussi, les armes pointaient vers Cody et Kira.
_ Miss ANDRÉA, pourquoi vouloir capturer un tel monstre ? demanda Kira.
_ Pour la science, voyons ! Dis miss ANDRÉA en essuyant le sang qui sortait de la coupure qu’elle avait au front, remettez-les en cellule ! Et récupérer l’œil ! ordonna-t-elle.
Aussitôt l’ordre donné, les 2 soldats restants pointèrent leurs armes sur Kira et Cody ; ils s’avancèrent vers eux, puis à mi-chemin, contre toute attente, ils se retournèrent vers miss ANDRÉA et la mirent en joug ; étonnée, elle ne comprenait pas pourquoi ses hommes se sont retournés contre elle.
_ Tu ne comprends pas pourquoi hein ? Apparut une voix féminine.
Miss ANDRÉA se retourna et remarqua Luce, debout, face à elle, la regardant d’un air supérieur.
_ Comment as-tu fait ? demanda miss ANDRÉA.
_ J’ai cassé la vitre, simplement, répondit Luce en souriant.
_ Ne te moque pas de moi ! Tu as très bien compris ma question ! s’écria miss ANDRÉA.
_ Ah… tu voulais savoir comment j’ai fait pour les manipuler alors que je n’avais même pas donné d’ordre ? demanda Luce en rigolant, hi hi hi hi !
_ Crève ! cria miss ANDRÉA en sortant son arme de service qu’elle portait à la taille et sans aucune hésitation, elle tira sur Luce.
Miss ANDRÉA qui croyait tout savoir fut très surprise, en voyant le projectile de son arme ricocher sur le corps de Luce.
C’était comme si elle avait tiré sur un char d’assaut, elle ne comprenait pas ce qui se passait sous ses yeux, elle voulut tirer une deuxième fois, mais, ne sachant pour quelle raison, elle posa son arme sur sa tempe.
_ Tu ne sais pas comment je fais hein ? interrogea Luce.
_ Salope ! Pourquoi ? Pourquoi ? Alors que tu n’as même pas dit un seul mot !
_ Surveille ton langage s’il te plait, voyons, lui dit Luce.
_ Mais… comment ? demanda miss ANDRÉA.
_ Comme l’a dit Cody, on n’est pas dans une BD japonaise…
_ J’ai dit un MANGA ! cria Cody.
_ Ta gueule COCO ! NE ME COUPE PAS LA PAROLE ! s’énerva Luce, avant de reprendre avec calme et sérénité, comme disait Coco, on n’est pas dans un MANGA, ça ne sert à rien d’expliquer nos bottes secrètes hein ! Lui dit Luce, suivi d’un clin d’œil.
Ensuite elle se dirigea vers ses 2 subordonnés.
_ Je te le jure CYPHER ! Tu vas me le payer ! Je te crèverai un jour ! hurla miss ANDRÉA.
Mais, Luce avait déjà cessé de l’écouter et ne lui prêtait plus la moindre attention.
_ T’en as mis du temps ! s’exclama Kira.
_ Ce n’est pas ma faute, j’suis parti leur piquer des infos sur leur serveur, mais la copie a duré une éternité, répondit Luce.
_ On rentre maintenant ? demanda Cody.
_ Oui oui, la voiture nous attend devant.
Après cette conversation, ils se dirigèrent vers la sortie.
_ Coco ! Dis Luce.
_ Arrête de m’appeler COCO ! Sinon… tu veux quoi ? demanda Cody.
_ Tu as oublié mon nouvel esclave dans l’ascenseur ! Lui dit Luce.
_ L’esclave ? S’interrogea Cody, puis il comprit de quoi Luce parlait.
Cody se dirigea vers l’ascenseur, attrapa le jeune inconnu qu’ils avaient libéré, le porta sur son dos et alla rejoindre Luce et Kira ; mais juste avant de quitter les lieux, Luce se retourna vers miss ANDRÉA.
_ Les 2 soldats, dans 5 minutes, vous pourrez reprendre vos fonctions ; miss ANDRÉA, dans 2 heures tu pourras être libre de bouger, ordonna Luce, puis elle aperçut 2 types assis sur un banc, apeuré, ils s’étaient pissés dessus, recouverts de poussière et de sang, c’est qui ceux-là ? Se demanda-t-elle.
Cody se rapprocha de Luce.
_ Luce, je crois que ce sont les deux types qui nous avaient empêchés de voir miss ANDRÉA, lui dit Cody, putain, sont balèzes hein, ils sont toujours vivants.
_ C’est vrai, les deux vigiles que j’avais obligés à se poser sur le banc, hi hi hi hi, ricana Luce, ils sont encore vivants, mais ils doivent être traumatisé les pauvres, hi hi hi hi hi, je les avais oubliées, ces deux-là, c’est bon, vous êtes libre, faîtes ce que vous voulez, dit-elle avant de quitter les lieux, accompagnés de Kira et Cody qui portait le patient inconnu.
Une fois sortis du Centre, ils rejoignirent le majordome, Alfonse, dans son véhicule et rentrèrent au Morning Star.
8.
29 mai 2018 - 22h15 - au Morning Star.
Cody était sous la douche, il se posait des tas de questions, en 24h seulement, il venait de vivre un véritable enfer ; il ne savait plus quoi penser, entre l’agression qu’il a subie, la mort de son amie Hyuna, le monstre apparut à l’entrepôt, le Centre, les vampires, les lycaons et ce fameux fantôme qui s’est sacrifié pour le protéger ; c’était trop pour Cody, tout ce qu’il voulait, c’était rentré chez lui et dormir un peu.
Kira le rejoignit, toute nue, sous la douche, il sursauta et par réflexe, il se cacha les bijoux de famille à l’aide de ses mains.
_ Mais… mais… qu’est-ce que tu fais là ?
_ C’est bon, arrête de faire ta fillette, lui dit Kira, les douches des filles sont en réparation.
_ Ouais… mais… tu aurais pu attendre que je finisse ! s’écria Cody.
_ Ouais, mais non, faut que je me prépare pour l’anniversaire de Michel, lui répondit Kira.
_ Ouais… mais… ça ne te dérange pas d’être toute nue devant moi ?
_ Non, puis ce n’est pas comme si tu allais me faire quelque chose, tu as une copine, non ?
_ Bah ouais !
_ Bon, et bien, je n’ai rien à craindre, il ne se passera rien entre nous, puis si tu tentes quelque chose, je te la coupe ! lui dit-elle avec un clin d’œil.
_ Non, mais ça ne va pas ! N’importe quoi ! Dit-il avant de quitter les douches communes pour aller se rhabiller.
Une fois habillé, il quitta les vestiaires et se dirigea vers la chambre de Hyuna, sur le chemin, il rencontra Luce.
_ Cody, viens avec moi à l’infirmerie.
_ Oh non ! C’est mort, l’autre, j’ai passé la journée à le porter, je ne vais pas en plus aller le voir ! Si ?
_ Cody, c’est Hyuna.
Cody fronça ses sourcils.
_ Qu’est-ce qu’elle a Hyuna ?
_ C’est elle qui est à l’infirmerie, lui répondit Luce.
_ Quoi ? Mais pourquoi elle serait là-bas ?
_ Pendant notre absence, elle a fait une crise… lui répondit Luce.
Accompagné de Luce, Cody se précipita à l’infirmerie, il aperçut Hyuna, toute nue, allongée dans un caisson de verre, rempli d’un liquide verdâtre.
_ Mais… mais… faut la sortir ! Elle va se noyer ! ordonna Cody.
_ Non ! Ce liquide est là pour la soigner, elle ne se noiera pas ! Lui affirma Luce.
_ Tes sérieuses ? interrogea Cody.
_ Oui !
Cody souffla, comme s’il était soulagé.
_ Son état est stable à présent ?
_ Oui, à présent elle est OK !
_ Et… on sait ce qui s’est passé ?
_ Non, mais j’ai mon idée… dit Luce, avant de laisser un long silence.
_ Bah vas-y, accouche ! s’écria Cody.
_ La créature qui t’a sauvé…
_ Tu veux dire le fantôme ?
_ Cody, ce n’était pas un fantôme.
_ Bah c’était quoi ?
_ C’était une âme qui essayer de prendre une forme humaine à fin que tu puisses la voir.
_ Ah ah ah ah ! Elle est bien bonne celle-là ! Quand Kira m’avait dit que c’était un fantôme, j’avais déjà du mal à la croire, et maintenant, toi qui me dit que c’est une âme ? Ah ah ah ah ! Vous êtes malade les filles !
Alors qu’il se moquait d’elle, Luce se permit de lui couper la parole.
_ J’avais déjà vu ce phénomène auparavant, lorsqu’une âme est blessée, son corps peu tombé malade ; plus l’âme subit de blessure et plus le corps est affecté et si une âme venait à mourir, le corps le serait aussi.
Cody se mit à applaudir.
_ Bravo Luce, une super théorie ! Mais quel est le rapport avec Hyuna ?
Luce fixa les yeux de Cody.
_ Lorsqu’un corps est dans le coma, la plupart du temps, c’est parce que l’âme a quitté l’enveloppe corporelle, n’ayant plus d’âme, le corps reste dans un coma sans fin, attendant patiemment le retour de son âme ; si son âme ne revient jamais, le corps restera un légume et si l’âme meurt alors le corps meurt ! expliqua Luce.
Cody sourit et d’un ton sarcastique, il répondit à Luce.
_ Donc tu es en train de me dire que si Hyuna est dans le coma, c’est parce que son âme et quelque part dehors, perdu dans la nature… puis, un déclic se produisit en lui, il venait enfin de comprendre pourquoi cette espèce de fantôme connaissait son nom, pourquoi cette créature l’avait tant aidé et il repensa à la dernière phrase que cette pauvre âme lui avait dit avant de disparaitre, je… suis… dé… so… lé…, il se ressouvint que Hyuna lui avait dit la même chose au moment de son suicide.
_ Tu as fini par comprendre… c’était l’âme de Hyuna.
Cody avait bien entendu ce que Luce lui disait, mais il était sous le choc, même s’il ne voulait pas la croire, ce qu’elle disait venait de prendre du sens dans son esprit, puis il sortit de ses pensées.
_ Donc si en ce moment son corps va bien, ça veut dire que son âme est rétablit alors… un sourire nerveux apparut sur son visage, si son âme n’est pas morte, alors je peux encore la sauver… puis il saisit Luce par les épaules, comment on fait pour savoir où se trouve son âme en ce moment ? demanda Cody.
_ Il faut faire appel à un chamane, les chamanes peuvent ramener les âmes ou les esprits dans leurs corps, lui répondit Luce.
_ Et je trouve ça où ? s’écria Cody.
_ La plupart sont des charlatans… mais il y en a une vraiment douée… malheureusement, elle a perdu ses pouvoirs…
_ Où pourrais-je la trouver ? Dis-moi ! cria Cody.
_ Je ne sais pas, mais d’après mes indics, ça lui arrive d’effectuer des missions pour la Nation Mère.
_ Quoi ? Mais rien n’est perdu alors, puisque nous aussi on bosse pour eux, en tant que mercenaire ! On peut leur demander ?
_ Oui, mais, il faut que tu te calmes Cody, je dois voir les dirigeants de la Nation Mère pour leur faire un compte rendu de ce qu’on a trouvé au Centre, j’en profiterai pour leur demander des informations sur la chamane.
_ Mais… appelle-les ! Ils n’ont pas de téléphone ?
_ Cody, si ça fonctionnait comme ça, je l’aurais déjà fait ! Calme-toi. Et laisse-moi gérer tout ça.
_ Luce ! Mais…
_ Cody, ne me force pas à utiliser mon pouvoir sur toi ! Lui dit Luce.
Puis finalement, Cody capitula, non pas par peur d’elle ou de son pouvoir, mais plutôt parce qu’il avait décidé de lui faire confiance.
_ Ok Luce… je te laisse gérer… dit-il avant de se diriger vers le garage du club.
Comme convenu avec Luce, il emprunta une moto du Morning Star pour rentrer chez lui ; mais avec la fatigue accumulée, il préféra jouer la carte de la prudence et décida qu’il était peut-être préférable de ne pas prendre de risque inutile.
Finalement, il quitta le club par les grandes portes, une fois à l’extérieur, il sortit son smartphone à fin d’appeler un taxi ; au même moment, Alfonse ouvrit la fenêtre de sa voiture et proposa de le ramener chez lui ; Cody accepta et monta dans la voiture.
Cody était assis à l’arrière de la voiture, fatigué, ses paupières commencèrent à peser une tonne, mais il tentait de résister à l’appel du marchand de sable ; toutefois, il se laissa bercer par la douce conduite d’Alfonse, sa tête vacillait de haut en bas et au moment où le majordome accéda au périphérique parisien, Cody, lui, s’envola pour le pays des rêves.
Alors qu’il était dans les bras de Morphée, un klaxon le réveilla brusquement, le forçant à ouvrir les yeux et se rendit compte qu’il était au beau milieu de la route.
Le klaxon continuait à se faire entendre, lorsque Cody se retourna, il était aveuglé par les phares d’un camion qui était à moins de 10 mètres de lui ; par réflexe, il ferma les yeux et usa de ses bras comme pour se protéger la tête.
Mais bizarrement, rien ne le percuta, lorsqu’il se retourna, il vit le camion derrière lui à l’arrêt ; le conducteur sortit de son véhicule à toute allure pour venir prendre des nouvelles de Cody.
_ Monsieur ! Ça va ! Vous n’avez rien ?
_ Euh… non ça va… mais… je ne comprends pas ce que je fais au beau milieu du périphérique ? se demanda Cody.
_ Pour être franc, moi non plus, lui répondit le camionneur, j’ai bien cru que je vous avais percuté.
_ Encore heureux que vous ayez pu changer la trajectoire de votre camion à la dernière minute, lui répondit-il.
Le conducteur regardait Cody d’un air très étonné, avant de lui répondre.
_ Oui… oui ! C’est ça ! Heureusement pour vous que je sois un bon conducteur.
Le camion à l’arrêt sur la route créa un ralentissement sur le périphérique, bien que la route était fluide à cette heure tardive, il fallut peu de temps pour qu’un embouteillage se crée ; bien entendu, accompagnée de sa fanfare de Klaxons et d’insultes en tout genre.
_ Désolé ! Désolé ! cria Cody, puis il s’adressa au conducteur du camion, vous devrez y aller, je pense qu’on gêne la circulation là.
À présent, non véhiculé, Cody essaya de rejoindre la chaussée située sur le côté droit de la route à fin de quitter le périphérique, mais étant très fatigué, lorsqu’il changea de voie, il ne s’était pas rendu compte qu’il coupait la route à un motard qui doublé entre les deux voies.
Mais contrairement à tout à l’heure, cette fois-ci, ayant les yeux grands ouverts, il devina la raison pour laquelle il était sur la route au lieu d’être dans la voiture d’Alfonse ; qu’il comprit pourquoi le camion ne l’avait pas percuté, cette fois-ci, en plus de voir la chose, il l’avait ressenti ; en fait, le motard était passé au travers de lui, merde ! Qu’est-ce qui m'arrive ? S’interrogea-t-il.